
Azur, Albâtre, Amarante
Notre drapeau, bien plus qu'un tissu coloré
Chers amis de l'Oise, Je viens de déposer une proposition de loi visant à instituer une journée nationale du drapeau tricolore français, fixée au 15 février, date anniversaire du décret du 27 pluviôse an II (15 février 1794) par lequel la Convention nationale a fixé la disposition des trois couleurs du pavillon national. Elle est précédée d'une tribune à paraître dans Marianne. Notre drapeau est l'un des principaux symboles de notre République. Il accompagne nos cérémonies, nos soldats, nos sportifs et tous les grands moments de notre histoire collective. Surtout, il n'appartient à aucun parti ni à aucune sensibilité : il appartient à tous les Français et constitue un puissant symbole d'unité nationale. Cette journée, qui ne sera ni fériée ni chômée, serait notamment l'occasion d'organiser dans nos communes et nos établissements scolaires, des cérémonies et des actions pédagogiques permettant de mieux faire connaître l'histoire et la signification de notre drapeau ainsi que, plus largement, les symboles de la République. Dans une société traversée par de nombreuses fractures, je crois que nous avons plus que jamais besoin de transmettre aux jeunes générations ce qui nous rassemble et fonde notre appartenance commune à la Nation. Vous trouverez ci-joint ma tribune "déclaration d'amour" au drapeau à paraître dans Marianne ainsi que le texte de la proposition de loi. Azur, Albâtre, Amarante Notre drapeau, bien plus qu’un tissu coloré Chamarrant les façades de la rue Montorgueil de Monet, couronnant La liberté guidant le peuple de Delacroix, palimpseste déchiré mais résistant immortalisé par Léon Cogniet, l’étendard tricolore rayonne depuis près de deux siècles et demi sur notre France. Et même bien au-delà selon le lyrisme de Lamartine refusant le drapeau rouge en 1848. Objet sacré, presque magique, talisman sur lequel sont gravées des pages glorieuses mais aussi douloureuses du grand roman républicain, il est une de nos racines colorées. L’emblème le plus simple qui nous représente ; un des premiers dessins que font les petits Français, un des points cardinaux de notre patrimoine. Ce drapeau français, ce sont évidemment ses trois couleurs, en écho aux trois valeurs de notre devise. Le bleu de l’azur de la liberté, le blanc immaculé de l’égalité, le rouge du sang de la fraternité. A l’heure des célébrations patriotiques ou des triomphes au cœur des stades, une solennelle ou joyeuse nuée tricolore nous enveloppe et sublime toujours nos liesses et frissons d’enfants de la Patrie. Pourtant, incarnation de l’actuel malaise identitaire français, cette bannière aux vertus fédératrices et salvatrices est devenue source de polémique. Mal aimée, honteuse pour certains hors des grand-messes sportives et parfois électorales, l’oriflamme tricolore vaut à ceux qui l’arborent ou l’adorent d’être fustigés d’odieux fascistes, cloués au pilori d’une bienpensance malsaine. Et la France s’avère probablement, parmi les près de 200 pays du damier planétaire, celui où le fanion national flotte le moins dans les rues. Partout ailleurs, d’Hanoï à Amsterdam, de Cleveland à São Paulo, Tel Aviv, Rabat ou Dakar, on pavoise fièrement. Tandis que doutes et fractures assaillent la cohésion de la Nation, que notre vieille France vacille par manque d’estime et d’amour d’elle-même, il est grand temps de rallumer les étoiles de la fierté nationale, incomparable baume d’unité et de force tranquille, sérum vivifiant d’un vivre ensemble apaisé et conscient. Hissons donc les couleurs et surtout aimons-les. Ne les laissons ni kidnapper par de fauves sirènes, ni lacérer par d’écarlates furies. Cette pédagogie du patriotisme se révèle urgente et la précieuse cocarde tricolore en est la première graine que l’on souhaite fertile. Bleu, blanc, rouge, azur, albâtre et amarante, les couleurs de l’espoir, de la victoire et des doux soirs.

Après le voile, les livres ?
Quand l’islamisme s’attaque aussi à nos bibliothèques
Ainsi, Molière, Zola, Voltaire, Maupassant… sont voués aux gémonies par certains influenceurs, nouveaux prédicateurs d’un obscurantisme islamiste. Ainsi, Bel-Ami, Nana, Tartuffe mériteraient l’autodafé, coupables de lèse-charia. Ces attaques contre des joyaux de notre patrimoine littéraire pourraient faire sourire. Ne les traitons cependant pas à la légère, car elles témoignent cyniquement de la progression de la lèpre islamiste. Après avoir voulu régenter notre façon de nous habiller, de nous alimenter, de nous divertir ou de célébrer nos fêtes, voilà que les gardiens autoproclamés du licite et de l’illicite entendent désormais faire le tri dans nos bibliothèques. Il faudrait une littérature « halal », expurgée de tout ce qui pourrait heurter une conception rigoriste de la religion musulmane. Des personnages qui boivent, qui aiment, qui désirent, qui doutent ou qui blasphèment ? À bannir. Des auteurs qui se moquent des dévots, dénoncent l’hypocrisie religieuse, défendent la liberté de conscience ou racontent sans fard les passions humaines ? À proscrire. En revanche, les mariages arrangés, la soumission des femmes ou l’emprise de la religion sur les libertés individuelles semblent beaucoup moins troubler ces nouveaux censeurs. À ce compte-là, c’est une bonne partie de notre culture qu’il faudrait mettre à l’index. Car la littérature française, admirée dans le monde entier, est précisément tout le contraire d'une littérature aseptisée. Elle est irrévérencieuse, insolente, libre. Elle bouscule, dérange et provoque. Elle raconte les grandeurs comme les faiblesses de l'Homme. Elle apprend à penser par soi-même. C'est sans doute cela qui dérange le plus les obscurantistes. Molière ridiculise les faux dévots. Voltaire pourfend le fanatisme. Zola décrit une société sans en dissimuler les vices. Maupassant ausculte les passions et les hypocrisies humaines. Hugo défend les misérables et combat la peine de mort. Baudelaire scandalise son époque. Flaubert est poursuivi en justice pour Madame Bovary. Faudrait-il aujourd'hui soumettre leurs œuvres au nihil obstat d'influenceurs religieux avant de pouvoir les conseiller à nos enfants ? Et demain ? Faudra-t-il censurer nos programmes scolaires ou notre cinéma de tout ce qui serait jugé incompatible avec les préceptes de l’islam ? Évidemment non.
CHANTONS LA MARSEILLAISE !
Alors que certains cracheurs de feu légitiment de siffler la Marseillaise, énième silex dans le jardin des provocations, Alors que notre cohésion nationale est fissurée, gangrenée par des communautarismes totalitaires et séparatistes, Notre école doit, plus que jamais, être un creuset fédérateur et intégrateur. Et l’apprentissage de notre hymne, inscrit dans les programmes scolaires, comme tous les symboles de la République, constitue une des pierres angulaires de cette instruction civique, de notre construction citoyenne. À plusieurs reprises dans le passé, alors que la Marseillaise était sifflée, critiquée, parfois pour ses paroles guerrières, des présidents de la République (Jacques Chirac), des ministres de l’Education (Jean-Pierre Chevènement), l’ont défendue et ancrée dans notre patrimoine républicain. Puissent nos gouvernants être du même métal et gardiens de la Marseillaise à l’école et sur l’agora ! Plus que le chant de guerre pour l’armée du Rhin, la Marseillaise, c’est l’hymne des droits de l’Homme et du Citoyen. La Marseillaise, c’est le cantique des stades cathédrales, entonné à l’unisson et à cœur joie par des dizaines de milliers de supporteurs français et fiers de l’être. La Marseillaise, ce fut aussi la mélopée de l’espoir qu’ont crié à plein poumons les résistants bravant les pelotons d’exécution nazis. La Marseillaise, ce fut encore la sérénade rebelle du courage et de la liberté martelée par Marie-Claude Vaillant-Couturier et ses camarades de malheur en franchissant le seuil diabolique d’Auschwitz. Enfin, une Marseillaise chantée par une classe élémentaire au pied du monument aux morts dans le froid du 11 Novembre, c’est un merveilleux moment de magie cristalline et de fraternité patriotique pour la grande famille de la Nation française. Nous entrerons dans la carrière Quand nos ainés n’y seront plus. Nous y trouverons leur poussière Et la trace de leurs vertus… Chantons la Marseillaise Chantons la République Chantons la France

À l’école l’instruction, aux parents l’éducation
Au pays de Jules Ferry, il n’y a pas de ministère de l’École. Il n’y en a jamais eu. Pourtant, la Santé, les Armées, le Travail, les Affaires Etrangères… ont presque toujours eu leur « maison mère ». Avec un intitulé bref et précis. En France, depuis 1932, sous l’égide d’Édouard Herriot, le ministère dévolu à l’enseignement est devenu celui de l’Education Nationale. Auparavant, et pendant un siècle, il s’agissait de l’Instruction Publique. Par la grâce du puits miraculeux et si généreux de la langue française, nos mots ne sont jamais anodins. Et encore moins les titres. Ainsi, de l’instruction publique à l’éducation nationale, il y a bien plus qu’une nuance ; deux conceptions différentes du rôle de l’école. Le débat remonte à la Révolution française, et même à la source de la philosophie des Lumières. Dans le bouillonnement des États Généraux, de l’Assemblée Législative et de la Convention où l’on voulait faire table rase de l’Ancien Régime et fonder une société nouvelle plus juste et plus démocratique reposant sur des idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité, l’école et la transmission de la connaissance s’avèrent des instruments indispensables pour émanciper le peuple et même « régénérer l’espèce humaine » (Discours de Robespierre devant la Convention en juillet 1793). Selon Rabaut de Saint-Étienne, alors que « l’instruction publique éclaire et exerce l’esprit, l’éducation nationale doit former le cœur ». Et surtout le futur citoyen, un homme nouveau sorti des forges révolutionnaires, loin du « sujet » royal asservi et docile ! Chantre d’une « éducation vraiment nationale, vraiment républicaine », Robespierre appelle à un système spartiate qui « élève en commun tous les enfants de 5 à 12 ans, aux dépens de la République », avec des vêtements, une nourriture, des soins et une instruction similaires pour tous. Condorcet prône, lui, une « éducation publique », limitée à sa mission d’instruction, avec une école élémentaire gratuite et destinée à tous, sans distinction de sexe. D’un côté des graines de totalitarisme, de l’autre, une volonté de progressisme et d’humanisme. Pour un ministère de l’Instruction, du Savoir, de la Jeunesse et de l’Avenir Sans aller jusqu’au maximalisme de Robespierre, le remplacement de l’Instruction Publique par l’Education Nationale est lourd de signification. Et c’est ainsi que notre Ecole assume de plus en plus de vocations. De la sécurité routière à la natation, de l’informatique jusqu’à la fameuse EVAR(S), Education à la Vie Affective et Relationnelle et même Sexuelle au collège et au lycée. Dès lors, le temps consacré à l’apprentissage des savoirs fondamentaux s’est réduit comme « peau de chagrin ». Est-ce à la Nation d’éduquer sa jeunesse ? N’est-ce pas plutôt aux parents ? Non seulement les pères et mères sont alors déresponsabilisés, mais cette volonté de mainmise de l’Etat sur l’esprit de nos enfants, ce désir affirmé de façonner des âmes bien faites et bien pensantes interrogent. Est-ce à l’Etat de graver dans un marbre scolaire ce qui est bon et ce qui ne l’est pas, un savoir vivre et un savoir penser ? Si École et République sont intimement liées dès la Révolution et surtout à partir des lois Ferry, c’est parce que seule l’école peut métamorphoser l’égalité des droits consacrée par la loi en véritable égalité des chances ouvrant dès lors les portes de l’ascenseur social. En cultivant et développant les facultés mentales de ses élèves, en déployant l’horizon des connaissances pour tous, quelle que soit l’origine sociale. En valorisant l’effort par la méritocratie. La tâche de nos professeurs est donc immense et précieuse ; ne la surchargeons pas, le niveau des élèves français s’avérant si fragile comme le démontrent tristement les classements PISA... Que l’Ecole reste pépinière du Savoir et source d’Instruction ! Qui trop étreint mal embrasse. Et sachons rendre à la famille ses missions et responsabilités originelles : aimer et éduquer.
Violences urbaines : Du coq à l’autruche
Samedi 30 mai, le PSG a conservé sa couronne européenne. Une deuxième étoile bien méritée qui a fait la joie de nombreux supporters et suscité des scènes de liesse. Malheureusement, des hordes de vandales des temps modernes ont parfois gâché la fête en semant le chaos. De véritables scènes de guérilla urbaine. Magasins pillés et saccagés, véhicules détruits et brûlés, passants agressés, policiers et pompiers pris à partie, visés par des mortiers d’artifice… Les images sont effrayantes, le bilan est lourd. 891 interpellations, 720 gardes à vue, plus de 200 blessés parmi les forces de l’ordre… Amis policiers, gendarmes, pompiers, les Français sont avec vous ! Comment le ministre de l’Intérieur peut-il oser parler de « situation globalement sous contrôle » ? Peut-on être satisfait de la gestion de ces émeutes prévues ? Où donc, par exemple, étaient les canons à eau ? La France est malade. Et d'abord de la lâcheté de ses gouvernants En fait, la France est malade, gangrenée par ces nouveaux barbares qui refusent les règles du Vivre Ensemble, qui bravent l’autorité de la loi, ne veulent pas s’intégrer et brisent notre boussole civilisationnelle. La France est malade d’une gouvernance qui s’enivre de communication, qui nie la réalité et se ment à elle-même. À l’image du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez. Ou du Président de la République lui-même… Les premières condamnations sont tombées. Du sursis, encore du sursis, toujours du sursis. Aux antipodes de la sévérité présidentielle annoncée ! À se demander si le coq, ce symbole allégorique représentant le peuple français, ne devrait pas être remplacé par l’autruche ! Tolérance zéro, responsabilité parentale et financière et fin du "tout sursis" Alors, que faire ? Ce qui a pu fonctionner dans d’autres pays. Tolérance zéro et fermeté totale contre les voyous. Des peines de prisons, même courtes (il faut donc construire des pénitenciers), des amendes, des travaux d’intérêt généraux, la responsabilisation financière des parents… Les rappels à la loi, les excuses de minorité, le sursis, ça suffit ! Ras-le-bol ! Le travail est immense. C’est une révolution des esprits qui s’impose. Il faut savoir ce que l’on veut : le chaos et la décadence, ou l’ordre et le redressement !

Travailler moins, une utopie irresponsable et dangereuse
Voici quelques jours, en plein débat sur l’ouverture des boulangeries et des fleuristes le 1er Mai, le groupe LFI a déposé à l’Assemblée Nationale un amendement proposant, ni plus ni moins, l’instauration de 7 nouveaux jours fériés : 16 janvier : En hommage à la généralisation de la cinquième semaine de congés payés en 1982. 4 février : Pour commémorer l'abolition de l'esclavage en 1794. 18 mars : En l'honneur de la Commune de Paris. 26 juin : En souvenir de la répression des ouvriers lors des journées de juin 1848. 30 juillet : Pour célébrer les amitiés. 4 août : Pour marquer l'abolition des privilèges de 1789. 22 septembre : En l'honneur de la proclamation de la Première République. Provocation, aberration… les députés ont, dans leur « sagesse », rejeté cette ode à l’oisiveté, véritable requiem du travail… A cela s’ajoute l’ancienne chimère socialiste, qui revient à chaque scrutin, dont l’idéal est la semaine des 4 jours, en 32 heures, sans perte de salaire. Alors qu’on parle parfois d’effacement ou de dépassement du fameux clivage droite, gauche, voici une belle preuve de sa résurrection ou de sa résistance : quand, à droite, on pense que seul le travail créé la richesse et qu’il faut plus que jamais encourager ceux qui veulent œuvrer plus pour gagner plus, à gauche on réplique « travailler moins et taxer plus » ! 7 jours fériés supplémentaires pour LFI, semaine de 32 heures pour le PS… jusqu’où ira la surenchère dans la démagogie ? La France, avec son économie largement tertiarisée, se trouve déjà dans la moyenne haute des pays européens comptant le plus de jours de repos (fériés et congés payés) : 36, contre environ 33, RTT non compris. Or, comme le rappelait Victor Hugo, « La racine du travail est parfois amère, mais la saveur de ses fruits est toujours exquise. » Et derrière ces propositions se cache une réalité simple : moins de travail, c’est mécaniquement moins de production, donc moins de richesse créée, et à terme moins de moyens pour financer notre modèle social. Qui paiera donc ces nouveaux jours chômés ? Les entreprises déjà fragilisées ? Les salariés eux-mêmes par une baisse de pouvoir d’achat ? Ou, plus sûrement, les générations futures par un endettement accru ? À force de multiplier les symboles, on en oublie l’essentiel : la valeur travail n’est pas une contrainte archaïque, ni une chaîne « d’aliénation » dénoncée jadis par Karl Marx ; elle est le socle de notre prospérité collective. Elle permet de financer nos écoles, nos hôpitaux, notre sécurité, et de garantir la solidarité nationale. Soyons des passeurs du goût de l’effort aux yeux des générations futures et montrons « que le travail est un trésor » comme l’écrivait si justement Jean de La Fontaine dans sa fable « Le Laboureur et ses Enfants ». Opposer le travail à la qualité de vie est un faux débat. La véritable ambition devrait être de mieux travailler, de valoriser l’engagement, de récompenser l’effort, et de permettre à chacun de vivre dignement de son activité. Plutôt que d’ajouter des jours sans travail, redonnons du sens au travail. Plutôt que de céder à la facilité de la démagogie, faisons le choix de la responsabilité. Une nation qui renonce à l’effort est une nation qui s’affaiblit. Et une société qui dévalorise le travail prend le risque, à terme, de ne plus pouvoir protéger les siens.

Dame Oise à l'âme si précieuse...
Dans l’Oise, on n’a pas de pétrole, ni de terres rares, encore moins d’uranium ou de mines d’or. Mais on a mieux : un patrimoine, des châteaux, des cathédrales, des forêts, et surtout des terroirs riches du trésor le plus précieux : l’âme, ce métal spirituel capable de toutes les magies de la création humaine. Sur cette terre d’Hist’Oise fertile, les hommes ont vécu, souffert, bâti, défriché, semé, combattu, festoyé et travaillé, ri et pleuré. Depuis des millénaires. Et surtout, ils ont édifié, ciselé, sculpté ces somptueuses broderies de pierre, ces pyramides de dentelle minérale traversées de lumière enrosacée, véritables aqueducs spirituels qui nous prouvent que rien n’est impossible, même vaincre le temps ! Dans ce neuvième numéro de Terres d’Hist’Oise (déjà !), je vous propose de feuilleter l’étonnant bestiaire de l’Oise, de l’abeille napoléonienne à la salamandre beauvaisienne, du cerf ailé blanc senlisien aux chevaux cantilien ou croisé saint-audonien, du porc-épic de Pierrefonds aux meutes de Raray, des singes de Nogent à l’ « homme-loup » du Compiégnois… Vous croiserez aussi sur les routes de l’Oise des personnages admirables, les Justes. Eux qui cachèrent au péril de leur vie tant d’enfants juifs ; eux, les héros du silence. Quelques figures éminentes, à qui l’Oise et la France doivent tant, vous salueront aussi : le duc d’Aumale, Alice Dubois-Sollier, Thierry d’Argenlieu, Joseph Bonaparte, Jeanne d’Arc. Amis amoureux de l’Oise, si vous souhaitez recevoir ce nouvel opus, contactez-moi. C’est avec plaisir que je vous l’adresserai.

La liberté de travailler le 1er mai : ce nouveau marronnier français
Chaque année, à l’approche du 1er mai, le même débat ressurgit. Inlassablement. Comme un rituel bien français, un marronnier médiatique dont nous semblons incapables de nous affranchir. Faut-il autoriser certains commerces à ouvrir ? Les boulangers peuvent-ils vendre notre traditionnelle baguette et les fleuristes leur muguet ? Les salariés peuvent-ils travailler ce jour-là s’ils le souhaitent ? Et surtout, pourquoi ce qui semble relever du bon sens ailleurs devient-il chez nous un casse-tête juridique et idéologique ? Derrière ce débat apparemment anodin se cache trois questions bien plus profondes : celles de la liberté, de la justice économique et du courage politique. Car quelle est la situation aujourd’hui ? Alors que kebabs, MacDo et autres KFC peuvent ouvrir sans difficulté, boulangeries et fleuristes doivent garder porte close, sous peine de forte amende (750 euros quand même). Ou alors, seul le patron peut travailler. Même si ses employés sont volontaires ! Dura lex, sed lex… La loi est effectivement dure ! Elle peut même être stupide lorsque de nombreux clients, mais aussi des salariés déplorent la fermeture de ces petits commerces de proximité. Une journée payée double peut pourtant faire du bien en ces temps de pouvoir d’achat maigrelet… Double salaire et volontariat plutôt que porte close Aussi a-t-on décidé de modifier la loi, de l’assouplir. Cela a été fait au Sénat voici plusieurs mois. Restait à confirmer ce vote par l’Assemblée. Le Président de la République l’avait d’ailleurs promis lui-même le 5 janvier dernier. Mais on sait ce que valent les engagements d’Emmanuel Macron. Et voici que le Premier ministre, dans son geste favori, a cédé devant l’obstacle et la menace des syndicats et de la gauche. Impuissance et pénitence sont bien les deux mamelles du macronisme. A moins que ce ne soit verbiage et reculade… Le 1er mai est, en France, le seul jour férié obligatoirement chômé, hérité de notre histoire sociale. Ce symbole rappelle les luttes ouvrières, les conquêtes sociales, et la dignité du travail. Mais doit-il, pour autant, devenir une contrainte absolue, rigide, déconnectée des réalités contemporaines ? Soyons clairs : il ne s’agit pas de remettre en cause les protections des salariés, ni d’ouvrir la voie à des abus. Le volontariat doit rester la règle, et les garanties sociales doivent être pleinement respectées. À force de vouloir tout réglementer, tout encadrer, tout interdire, nous finissons par nier ce qui devrait être au cœur de notre pacte républicain : la responsabilité individuelle et le bon sens. Et ôtez-moi d’un doute, le premier mot de notre devise n’est-il pas « Liberté » ?

Indispensables frères d’armes
Si l’Homme est un animal dit « social » et une créature à part dont les capacités intellectuelles lui ont permis de dominer les autres espèces et de régner progressivement sur la planète, il a toujours eu des relations très fortes avec le monde animal. Ainsi les animaux lui ont fourni nourriture, vêtements, chaleur, matières premières pour ses outils, force motrice, moyens de transport, main d’œuvre docile et efficace, auxiliaires de chasse et de combat. Dans leur éternelle marche guerrière les hommes ont très tôt compris, avant même l’Antiquité, que la force animale pouvait être un atout décisif, indispensable. Pendant des millénaires, il n’y eut pas de conquérant sans destrier, ni de victoire possible sans cavalerie. Aujourd’hui, alors que la mécanisation et la motorisation ont progressivement remplacé chevaux, chiens et pigeons, on a tendance à oublier leur rôle crucial, par exemple pendant la première guerre mondiale. Qui sait qu’ils furent souvent les premiers sacrifiés ? Qui sait qu’entre 1914 et 1918 près de 2 millions d’équidés (chevaux, mulets, baudets et ânes) furent « mobilisés » dont près de 60 % ne revinrent pas ? Si nos amis britanniques ont décidé depuis longtemps de rendre hommage à ces indispensables frères d’armes tombés dans l’oubli, il n’est dans l’Oise qu’une commune à organiser chaque année une commémoration rappelant ce lourd tribut payé par le monde animal aux guerres des hommes. Cette commune, c’est Venette, et la cérémonie avait lieu dimanche 22 février. N’oublions jamais ces fidèles compagnons morts au champ d’honneur, eux qui nous donnent souvent des leçons d’humanité. Et de fidélité.

Qui prône le bruit et la fureur façonne la tuerie et la terreur !
Jean-Luc Mélenchon a parfois le sens de la formule. Connaissant chaque page du bréviaire du parfait révolutionnaire, ce tribun du chaos, chouchou des médias, avait jadis ciselé le premier vers d’une épître qui résumait bien sa philosophie de haine de notre société et sa volonté de la briser : « Je suis le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas. » Toute la France se souvient aussi de cette scène abracadabrantesque (ou grand guignolesque) du guide suprême de la France Insoumise tentant d’empêcher une perquisition dans les locaux de son parti, tambourinant sur une porte, bousculant un policier en hurlant : « La République, c’est moi ! ». Peut-on dès lors être surpris de voir que la violence suinte par tous les pores de l’hydre de cette maudite LFI ? Black blocks vandalisant à foison lors des manifestations, zadistes adeptes du saccage et de la terre brûlée, l’extrême gauche avance cagoulée, dénonçant une casse sociale qu’elle pratique consciencieusement. Et LFI en est la vitrine partisane. Responsable et coupable, ce parti manipulateur de brutes, incitateur de haine sociale et politique, est une peste rouge qui gangrène notre démocratie. LFI, une peste rouge qui gangrène notre démocratie Si la toge de l’antifascisme a pu machiavéliquement immuniser ces voyous de la République, leur offrant alliance politique et bienveillance médiatique, le tissu est aujourd’hui déchiré et les Tartuffes sont nus. Eux qui dénoncent les fascistes utilisent exactement les mêmes méthodes, l’huile de ricin en moins. Des discours de Jean-Luc Mélenchon à la tombe de Quentin Deranque, en passant par les crachats verbaux de Rima Hassan ou le pedigree judiciaire de nombreux candidats ou élus LFI (entre pédophilie, deal, consommation de drogues financée par l’indemnité parlementaire, violences conjugales, insultes…), l’extrême gauche sème son chemin. Indigne, Ignoble, Immonde. A la justice de faire son travail pour que les assassins de Quentin soient sévèrement punis. Mais aussi pour que toutes les affaires impliquant des élus ou militants LFI aillent à leur terme. (Où en est d’ailleurs l’enquête sur les collaborateurs parlementaires de LFI ? Celles relatives au Modem et au RN n’ont-elles pas abouties… ?). A la gauche de rompre totalement ses liens honteux avec son alliée du Nouveau Front Populaire. Aux électeurs enfin de faire en sorte que la République ne soit jamais insoumise !

« Faites moi de bonnes politiques,
Je vous ferai de bonnes finances »
Baron Louis
Ministre des Finances sous Louis-Philippe
Alors que le budget achève son parcours chaotique par des 49.3 pathétiques après 4 mois de débats abracabrantesques et des choix gouvernementaux calamiteux, une récente étude sur le niveau des revenus des citoyens européens illustre malheureusement le cruel déclassement et appauvrissement français. La France n'est plus en ligue des Champions, ni même en ligue 1. Elle est en seconde division. Et ce n'est pas le budget 2026, à l'étrange arrière-goût de "Quoi qu'il en coûte" qui améliorera les choses ! Car ce budget, c'est plus de dépenses publiques, plus d'impôts (notamment pour le monde économique), plus d'endettement,... Sans oublier la suspension des réformes de l'assurance chômage et des retraites qui fait de la France le seul pays au monde où l'on entretient l'illusion que l'on peut travailler moins pour financer les pensions d'un nombre croissant de retraités. Sébastien Lecornu a donc délibérément fait le choix d'engraisser l'anaconda de la dette, ce monstre froid qui étouffe nos finances publiques. 3 480 milliards d'euros début octobre 2025, 3 525 milliards aujourd'hui. Matignon vaut bien une dette ! Et ce sont nos enfants qui paieront. L'objectif de 4,6 % de déficit ? Un lointain souvenir. Ce sera au moins 5 %, avec une sincérité toute "baroque"... Quant aux hausses d'impôts, les ministres claironnent qu'elles ne toucheront aucun ménage, ni aucune entreprise. Un "beau mensonge", car nos 300 plus grandes entreprises, du fait du maintien de la surtaxe créée en 2025 (et qui ne devait durer qu'un an) sont désormais les plus taxées en Europe. Or ces entreprises, fleurons nationaux, ont beaucoup de sous-traitants et d'employés... La baisse de la CVAE, qui devait concerner toutes les entreprises, est, elle, reportée ! Et tout cela alors que les faillites d'entreprises se multiplient et que le chômage repart (+ 2,6 % au 4ème trimestre ; + 6,8 % en un an, soit 3,3 millions de chômeurs de catégorie A - c'est à dire sans aucune activité à ce jour). Il fallait donc un peu de courage. Et même beaucoup. Les Français attendront. "On récolte toujours ce que l'on sème" dit le dicton. Dans les champs bien sûr, mais aussi dans l'atmosphère et évidemment dans les galaxies économiques et politiques. Malheureusement pour la France, la moisson Lecornu s'annonce grêlée... Pour clore ce triste chapitre budgétaire, voici mon échange avec la Ministre des comptes publics, Amélie de Montchalin, lors des questions d'actualités au Sénat, mercredi 4 février.

Le droit à la vie, ultime sanctuaire civilisateur
La lutte contre la souffrance, un combat fédérateur
Il est des tables de la loi plus fragiles et précieuses que d’autres. Parce que fondamentales. Parce que symboliques. C’est notamment le cas des lois dites de « bioéthique ». Celles qui touchent à l’intime, à la vie. Comme les textes examinés au Sénat du 20 au 28 janvier autour d’un sujet ô combien délicat qui nous concerne ou nous concernera tous : la fin de vie. Dans une société marquée par un allongement inédit de l’existence et désormais un fort vieillissement de la population, l’accompagnement des derniers moments est un vrai défi. Surtout lorsque la souffrance peut transformer en calvaire cette ultime étape. Face à cette question existentielle et même civilisationnelle, le parlement français avait déjà légiféré 2 fois, en 2005 (loi Léonetti) puis 2016 (loi Claeys-Léonetti), instaurant une aide à mourir très encadrée et assez consensuelle. Depuis, cependant, certains, prenant pour modèle d’autres Etats (Belgique, Suisse, Pays-Bas, Canada…), ont voulu aller plus loin et passer d’une aide à mourir à un droit à mourir, le suicide « assisté ». C’est l’objet de la proposition de loi votée l’Assemblée Nationale au printemps 2025. Contrairement aux deux premières lois, il n’y avait toutefois pas eu unanimité au Palais Bourbon. Le Sénat a, lui, tenté de la réécrire en profondeur, refusé l’ouverture de la porte à l’euthanasie et, surtout, voulu développer au maximum les soins palliatifs malheureusement insuffisants dans notre pays. Différentes études démontrent ainsi que 90 % des malades désireux d’en finir changent d’avis lorsqu’ils ont accès aux soins palliatifs. De nombreux Sénateurs, et j’en fais partie, ont estimé que les garde-fous étaient insuffisamment solides pour éviter certaines dérives (une proposition de loi néerlandaise vise ainsi à autoriser l’aide au suicide à partir de 75 ans même en bonne santé…). A l’arrivée, la Haute Assemblée a décidé de rejeter le texte. Concrètement, cela signifie qu’une « seconde lecture » aura lieu, avec de nouveaux débats à l’Assemblée Nationale puis au Sénat, dans les prochains mois. Chaque avis et opinion devant être respectés, personne ne détenant une vérité incontestable, il convient d’être particulièrement prudent et mesuré. J’ai tenu toutefois à vous adresser le texte et la vidéo de mon intervention en préambule de ce débat solennel. Intervention en séance Olivier PACCAUD Proposition de loi « Aide à mourir » - Mardi 20 janvier 2026 "Mes chers collègues, Depuis Montesquieu et ses Lettres persanes, nous savons qu’il vaut toujours mieux légiférer « d’une main tremblante ». Depuis les travaux de l’anthropologue étatsunienne Magaret Mead, nous savons aussi que le premier acte civilisateur fut un soin : un fémur cassé puis guéri. Et depuis quelques décennies, alors que la modernité a métamorphosé l’Homme en consommateur insatiable, avide d’immédiateté et de jouissances, nous savons que le mystère de la Création, la magie de la vie, constituent l’ultime refuge du sacré. Pendant des millénaires, l’Homme a lutté, œuvré pour protéger, préserver, allonger la vie. Avec succès. Grâce aux progrès de l’hygiène, l’alimentation, la médecine, la technologie, l’espérance de vie n’a cessé de progresser. Nos lois ont aussi sanctuarisé la vie. La peine de mort n’est plus et l’incitation au suicide est pénalement punie. Et voilà qu’emporté dans le tourbillon de ses contradictions, l’Homme cherche comme le graal l’élixir de jouvence éternelle, tout en invoquant un droit à mourir. Comme s’il fallait abolir la vieillesse et n’adorer que la jeunesse. Aux antipodes des serments d’Hippocrate et de notre quête vitale, il est aujourd’hui question de faire de l’Homme un apprenti sorcier euthanasiste, d’amener certains médecins non plus à donner ou rendre la vie, mais à donner la mort. Pour masquer ce reniement civilisationnel, on use du voile pudique des mots. Mais sous le vernis de « l’aide à mourir dans la dignité » et du « suicide assisté », ce texte n’organise pas la fin de vie, il institutionnalise le droit de donner la mort, faisant peser une lourde responsabilité sur le corps médical. Si tout doit être fait pour atténuer la souffrance, et ne recourir que dans les cas les plus douloureux à l’adieu volontaire, comme le prévoit la loi Claeys-Leonetti, existe-t-il des garde-fous indestructibles pour empêcher la jarre de Pandore de déverser ses dérives ? J’ai un fort doute. La dignité humaine ne disparaît pas avec la dépendance. Elle disparait quand la société renonce à protéger ceux qui souffrent."

Non au Mercosur
Non à une Europe succursale docile de la « World Company »
Depuis plusieurs années, l’Union européenne semble engagée dans une fuite en avant commerciale et idéologique qui l’éloigne de ses peuples, de ses territoires, ses producteurs et surtout de ce qui fait l’essence d’un lien politique entre une gouvernance et ses administrés : la protection. L’accord de libre-échange entre l’Europe et le Mercosur en est l’illustration la plus préoccupante. Jadis Bruxelles s’intéressait à la courbure des bananes. On en riait. Maintenant, avec une logique de « cost killer » implacable, au mépris de tout bon sens économique, écologique et sanitaire, l’Union Européenne planifie sans scrupule ni pitié la disparition d’une grande partie de notre tissu agricole. Une folie pure ! Comment accepter un accord qui met en concurrence directe nos agriculteurs, soumis à des normes sanitaires, environnementales et sociales exigeantes, avec des productions importées qui ne respectent ni nos standards ni nos valeurs ? Comment justifier auprès de nos éleveurs, de nos viticulteurs, de nos filières agricoles déjà fragilisées, que l’Europe organise leur déclassement au nom d’un libre-échange aveugle et d’éventuels intérêts industriels ? Refuser le Mercosur, ce n’est pas refuser le commerce international. C’est refuser le commerce naïf, celui qui sacrifie la souveraineté alimentaire, la cohésion territoriale et l’exigence écologique sur l’autel de volumes d’échanges abstraits. On ne peut pas, d’un côté, imposer toujours plus de contraintes à nos producteurs, et de l’autre ouvrir grand nos frontières à des produits qui ne les respectent pas. Visiblement, l’Union Européenne a oublié que l’alimentation n’est pas un bien comme les autres. Que l’autosuffisance alimentaire est la base de l’indépendance. Que l’arme alimentaire existe. C’est même un outil redoutable de géostratégie. L’Europe a oublié que l’alimentation est une arme géostratégique Au-delà du Mercosur, c’est une certaine idée de l’Europe que nous refusons : une Europe succursale docile, vendue sur l’hôtel de la « World Company », comme l’évoquaient si bien les Guignols de l’Info il y a 30 ans. Une Europe au cœur d’une taylorisation planétaire qui sacrifie notre agriculture, notre avenir et notre sécurité alimentaire pour un « cash » maximum et immédiat. À la fin des années 70, la France se targuait de posséder un merveilleux gisement de « pétrole vert ». Il est toujours là. Comme depuis des siècles. Comme lorsque Sully proclamait à l’aube du XVIIe siècle que « Labourage et pâturage sont les deux mamelles dont la France est alimentée et les vrais mines et trésors du Pérou. » Préservons donc notre agriculture ! Sauvons nos paysans ! Il en va du futur de notre économie, de l’aménagement de notre territoire, de la qualité de nos assiettes ! Qu’enfin le bon sens l’emporte ! Il est grand temps que Paris tape du poing sur la table bruxelloise. Et que les étoiles retrouvent leur place sur le drapeau européen. Sinon, la grande jacquerie se lèvera !

TOUS AVEC ROMUALD SEELS
(Lettre pétition au Président de la République
pour obtenir la grâce présidentielle)
Être conseiller municipal, adjoint et surtout maire, offre parfois des honneurs, souvent des soucis, toujours des responsabilités. Il est même des élus qui vivent des cauchemars, prisonniers d'un mauvais film alors qu'ils voulaient simplement bien faire, servir et protéger leur commune, leurs administrés. C'est ce qui est arrivé à Romuald Seels, premier édile de Venette, condamné à une amende suite à une altercation avec un motard bien connu de la justice et certainement pas pour son civisme. L'affaire a fait grand bruit. Télévisions, radios, réseaux sociaux s'en sont emparés et Romuald est devenu en quelques jours bien malgré lui le héros malheureux d'une drôle de fable kafkaïenne. De nombreux élus et bien des honnêtes citoyens ont été émus et même scandalisés par le verdict. Mais cette gloire médiatique n'efface pas la sanction et le sentiment d'injustice et d'incompréhension qui étreint Romuald. Aussi, parce qu'il existe dans notre Constitution l'article 17, un outil permettant de corriger certaines décisions étonnantes, j'ai décidé de solliciter de la part du Président de la République la grâce du maire de Venette. Vous trouverez d'ailleurs ci-dessous copie de mon courrier à cet effet. Surtout, vous pouvez vous associer à cette démarche. La première cosignataire en est Sylvie Valente-le-Hir, sénatrice de l'Oise. Merci simplement me le faire savoir.

L’Espérance doit-elle disparaître ? Non ! Au commencement était le Verbe. Et les mots. De toutes les richesses dont regorge notre pays, la langue en est probablement l’une des plus inépuisables et pourtant si banale qu’on en oublie l’inestimable valeur. Tyrannisée par l’avènement de l’image qui sait parler sans mots, la langue demeure cependant irremplaçable pour décrire, exprimer, expliquer, communiquer… avec nuance, finesse, exactitude. Par la magie des mots. Si nombreux, si précieux car précis, si évocateurs. Nés d’une chrysalide le plus souvent latine ou grecque, parfois germanique, arabe ou anglaise, les milliers de mots qui peuplent le royaume de notre vocabulaire se sont métamorphosés au fil des siècles. Tantôt joyaux et tantôt flèches, blessants, scintillants ou consolants, ils ont offert aux poètes et romanciers la matière première du rêve et de leur art. Ils ont aussi donné aux hommes le moyen de graver leurs progrès dans des textes, des déclarations, des constitutions. Il est même des discours, des slogans, des poèmes qui ont ravivé des flammes vacillantes, ressuscité des énergies, sonné des glas rédempteurs, redonné sens à des vies, réveillé des peuples engourdis. L’Appel du 18 Juin, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen en sont de beaux exemples. « L’Espérance doit-elle disparaître ? » haranguait ainsi Charles de Gaulle au micro de la BBC, alors que tout s’était effondré sous la rage des Stukas et des Panzers. « Non ! » L’avenir lui donna raison. Parce que sans mots l’idée est floue, donc stérile et fragile, notre langue doit être sans cesse protégée mais aussi pratiquée. Le français est trop utile, ciselé et subtil pour laisser transformer sa plus belle prose et ses plus beaux vers en pièces de musée admirables mais sans vie. Or aujourd’hui, tels des tableaux splendides oubliés et désormais empoussiérés, certains mots sont devenus si rares qu’ils semblent en voie de disparition. Ringards ou désuets, obscurs ou démodés, ils se muent en fossiles. Quelle tristesse, mais aussi quel danger de voir notre langage s’appauvrir, se rétrécir ! Car, même si elle est parfois de bois ou de vipère, la langue révèle le cœur et l’âme d’un homme comme d’une nation. Elle traduit les faiblesses ou démontre la grandeur. Plus on « possède » de mots, plus on peut s’élever et s’épanouir. Notre langue fut jadis, du siècle des Lumières jusqu’au premier conflit mondial, celle des élites d’Europe. Le tsar de Russie et les souverains de Prusse parlaient un bon français. Ce temps est révolu. Rien ne sert de le pleurer. Mais méditons quand même sur la francophonie, cet atout formidable. Dans le cadre d’une économie mondialisée, la parenté culturelle est un outil stratégique à ne surtout pas négliger. Quand en plus ce cousinage consiste d’abord en un langage commun, il serait dommage de ne pas s’en servir. On oublie trop souvent que l’influence américaine repose d’abord sur son « pouvoir linguistique », héritage du fantastique maillage colonial britannique. Londres a préparé le chemin, Washington n’a fait que le suivre… La langue est un moyen de développement économique. Utilisons-la donc. Le choix des mots reste un luxe français. Sachons le savourer, le cultiver, le préserver. Et surtout l’offrir à nos enfants. Tous nos enfants. Ceux des quartiers sensibles, de la ruralité comme des cités aisées. Pour éclairer leur avenir et celui de la France.

Vive les crèches ! Car Marianne est fille de Marie Chaque année, alors que l’esprit de Noël frappe à nos portes, le même marronnier médiatique et politique laisse tomber ses feuilles mortes dans la cour du débat public : les crèches ont-elles droit de cité dans l’espace public et, pire, sur le parvis ou dans le hall d’une mairie ? Pour certains intégristes de la fameuse loi de 1905, la réponse claque comme un couperet de guillotine : cachez ou brulez ces crèches impures, odieuses sentinelles de lèse-laïcité. La République elle-même serait en danger, menacée par quelques diaboliques santons aux pouvoirs maléfiques. Dieu merci, ces talibans de la pensée ne vont pas jusqu’à prôner l’interdiction de la crèche dans chaque foyer… Nul doute cependant qu’ils en rêvent. Cette sempiternelle querelle mérite toutefois réflexion sereine et réponse puisant aux sources de notre identité la plus enracinée. Oui, la France est aujourd’hui une République laïque où la foi ne dicte pas la loi. Mais on ne saurait faire table rase de ses solides fondements chrétiens. Tout simplement parce qu’ ils sont devenus au gré des siècles une des boussoles de ce que nous sommes. Car ce culte d’hier a teinté notre bain de culture populaire. Notre morale, notre toponymie, notre calendrier, nos fêtes, les murs de nos musées… tout nous rappelle d’où nous venons, sans pour autant être de dévots crapauds de prie-Dieu. C’est ainsi que nous fêtons tous la Nativité, à la grande joie des familles qui se retrouvent dans l’affection. Et si l’enfant Jésus nous veille en souriant, c’est souvent de très loin. Pourtant, n’en déplaise aux inquisiteurs des temps modernes, notre République doit en fait beaucoup à cet héritage chrétien dicté par l’humanisme. Marianne n’est-elle pas fille de Marie, nourrie certes du lait de la philosophie des lumières, mais aussi d’une parole christique pétrie de tolérance et d’altruisme ? Quand l’Évangile proclame « Aimez-vous les uns les autres », le bréviaire républicain lui répond « Aidons-nous les uns les autres ». Christianisme et républicanisme ont beaucoup en commun, et d’abord leur souci du Vivre ensemble, aux antipodes de l’individualisme consumériste qui ronge notre modernité. Alors admirons nos crèches, entonnons « Petit papa Noël », « minuit chrétien », pourquoi pas « La Marseillaise », et trinquons à Marianne, Marie et à la santé des rabat-joie briseurs de sapins !

La fraternité, c’est tous les jours ! Hier, mardi 25 novembre, j’ai eu le plaisir de recevoir au Sénat Thomas Langeron dans le cadre du « Duoday », belle initiative invitant un jeune en situation de handicap à accompagner un parlementaire pendant une journée. Un moment fort, enrichissant humainement, et chargé d’émotions. Si le monde du handicap n’est pas toujours bien connu, il est particulièrement attachant. Techniquement certes, notre société a beaucoup évolué et s’est formidablement améliorée depuis des millénaires. Médecine et technologie savent désormais réparer, parfois même ressusciter certaines fonctions motrices blessées ou endormies. Humainement aussi, l’homme a su être plus attentif, plus tolérant, plus accueillant… même s’il reste beaucoup à faire. C’est la grandeur et la dignité d’une société que de savoir accompagner vers l’épanouissement les personnes en situation de handicap. C’est ainsi que des lois ont été votées pour favoriser leur insertion professionnelle et scolaire. Toutefois, entre la législation et la réalité, il y a parfois un fossé. Cette inclusion sociale de nos amis en situation de handicap exige des adaptations, des remises en question. Donner permet de recevoir Mais c’est cette capacité à vivre ensemble, à travailler ensemble, à progresser ensemble, quelles que soient nos différences, qui nous rendra tous plus forts et plus heureux. Une société qui prend soin des siens lorsque la nature ou le destin leur a infligé une épreuve permanente, une société qui sait être réellement fraternelle dans ses actes et pas seulement dans ses paroles, une société qui sait dépasser ses égoïsmes est sur la voie de la sagesse et de l’harmonie. Un proverbe chinois l’évoque d’ailleurs avec l’élégance et la pertinence propres aux adages orientaux : « Si tu veux être heureux une heure, fais une sieste. Si tu veux être heureux un jour, va à la pêche. Si tu veux être heureux une année, hérite d’une fortune. Si tu veux être heureux toute ta vie, porte secours à quelqu’un. » Car c’est en ouvrant son cœur aux autres qu’on peut le remplir de joie. Donner permet souvent de recevoir. Aidons donc nos amis en situation de handicap. Nous en serons toujours récompensés.

Aux soldats de France !
« France, mère des arts, des armes et des lois », Du premier vers de ce poème de Joachim du Bellay, nous retenons souvent le lien si fort entre notre Nation et le mystère de la création artistique, comme si les muses s’étaient donné rendez-vous chez nous, pour y bâtir leur palais, leur scriptorium. Et nous sommes fiers de cet encrier majestueux qui a irrigué les plus fertiles plumes de l’Histoire et fait rayonner le génie français partout au delà des plaines et des océans. D’Hugo à Saint-Exupéry, de Molière à Voltaire, de Balzac à Baudelaire, de Rabelais à Montesquieu, nos écrivains ont profondément marqué leur temps et leur monde. Mais, selon du Bellay, la France est également mère des armes. Et c’est vrai que la gloire et la grandeur françaises se sont aussi et même d’abord forgées au milieu des combats. L’une des plus fascinantes salles du château de Versailles n’est-elle d’ailleurs pas la galerie des batailles ? C’est d’abord par la lame de l’épée, par le courage, par leur génie militaire, que nos plus grands rois, nos plus illustres hommes d’État se sont distingués. Ainsi, Napoléon au pont d’Arcole, de Gaulle à la tête de ses blindés, Henri IV cavalcadant le royaume, Clovis à Tolbiac, Charlemagne le conquérant, Saint-Louis en Croisé… et tant d’autres furent en premier lieu des soldats. Sans oublier notre héroïne nationale, Jeanne d’Arc, fauchée en pleine épopée fulgurante, en pleine odyssée lumineuse, aux portes de Compiègne. Sans oublier tous nos grands guerriers, connétables et capitaines, du Guesclin, Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche, le Grand Ferré, héros de Longueuil Sainte-Marie, Condé, Turenne… Gloire à la Furia francese Sans oublier, enfin et surtout, l’interminable cohorte des anonymes, hommes de troupes, et sous-officiers, tombés au champ d’honneur, dont le courage n’a toujours eu égal que l’amour de la patrie. Parmi eux, évidemment, les 8 millions d’hommes mobilisés durant la grande guerre, dont 1,4 millions ne revinrent pas, ainsi que les mutilés, les gueules cassées, les traumatisés. Autant de sacrifiés. La bravoure de ces hommes, la force de caractère de ces héros de chair, elle porte un nom. Les Italiens l’ont appelée « Furia francese », expression née lors de la bataille de Fornoue, en 1495. C’est le panache ultime, l’ardeur au combat, l’esprit de résistance, le point d’honneur à se montrer dignes du drapeau, des camarades et des glorieux aïeux. « La garde meurt, mais ne se rend pas », cette phrase légendaire de Cambronne l’ incarne à merveille. Sous la bannière tricolore ou derrière l’oriflamme blanche royale, du soleil d’Austerlitz à la morne plaine de Waterloo, de Roncevaux à Bir Hakeim, de Bouvines à Dien-Bien-Phu, nos soldats ont toujours fait notre fierté, que ce soit dans le triomphe ou la douleur. Le 11 novembre est leur journée. Rendons hommage à leur mémoire, et que leur souvenir serve de flambeau à notre avenir !

Un pas important pour la reconnaissance
et la protection de nos élus locaux
À moins de cinq mois des élections municipales, le Sénat vient d’adopter à l’unanimité, en deuxième lecture, la proposition de loi portant création d’un statut de l’élu local. Unanimité rare, mais ô combien symbolique : elle traduit le respect et la reconnaissance que la Haute Assemblée, chambre des territoires, porte à celles et ceux qui font vivre la démocratie au quotidien : nos maires, nos adjoints, nos conseillers municipaux. Ce texte, d’origine sénatoriale et transpartisane, soutenu par le gouvernement, marque une étape essentielle. Il répond à une réalité trop souvent ignorée : l’engagement local est devenu plus complexe, plus exposé, parfois même plus risqué. Près de 2 200 maires ont démissionné depuis les dernières municipales en 2020, un phénomène sans précédent. Ce chiffre dit tout : la vocation s’érode, la lassitude s’installe, et avec elle la menace d’un recul démocratique. Or, sans élus locaux, il n’y a pas de République vivante. Reconnaissance, protection et conciliation : trois piliers essentiels Le texte adopté par le Sénat apporte des avancées concrètes et attendues. • Revalorisation des indemnités, notamment dans les communes de moins de 20 000 habitants, afin que l’engagement ne soit plus synonyme de sacrifice financier. • Amélioration du régime de retraite, pour reconnaître le temps donné au service public local avec l’octroi d’un trimestre supplémentaire de retraite par mandat aux élus locaux dans la limite de trois. • Mesures de conciliation entre mandat et vie personnelle, avec un doublement du congé électif, le portant à 20 jours pour les candidats têtes de liste aux élections locales, et une prise en charge par l’Etat des frais de garde pour les membres des conseils municipaux dans les communes de moins de 10 000 habitants. • Extension de la protection fonctionnelle à l’ensemble des conseillers municipaux, car aucun élu ne devrait être seul face aux menaces ou aux attaques. • Et enfin, clarification de la notion de prise illégale d’intérêt, pour que la peur du risque pénal injustifié ne freine plus l’action locale. Autant de mesures qui replacent l’humain au cœur de l’engagement public, et qui rappellent que servir son territoire n’est pas un privilège, mais un dévouement. Les élus locaux sont le premier maillon du lien républicain Ils gèrent les écoles, accompagnent les associations, soutiennent les commerces, portent les projets d’aménagement, veillent à la cohésion sociale. Ils le font souvent avec des moyens comptés, mais avec un sens du devoir remarquable, portant l’avenir de nos villages, de nos bourgs, de nos villes. Cette ébauche de statut de l’élu local ne constitue pas un aboutissement, mais une étape. Le gouvernement a annoncé un futur « acte de décentralisation » : il devra aller plus loin encore pour donner plus de libertés et de moyens aux territoires. Car reconnaître les élus, c’est aussi leur faire confiance. Et faire confiance aux élus, c’est croire en la force de nos communes, de nos intercommunalités, de nos départements. À l’heure où l’engagement public est souvent critiqué, où la parole politique est parfois dévalorisée, le Sénat a rappelé une vérité simple : la République repose sur l’engagement de ses élus locaux. Ils sont la colonne vertébrale de notre démocratie de proximité. Lien vers la loi : https://www.senat.fr/leg/ppl23-263.html

Droits de succession :
Une présidente de l’Assemblée Nationale ne devrait pas dire cela.
Et encore moins le penser !
Le 15 octobre dernier, face aux caméras matinales des 4 Vérités sur France 2, Yaël Braun-Pivet, Présidente de l’Assemblée Nationale, mal réveillée ou peu inspirée, a fait souffler un vent de bolchévisme poussiéreux avec une déclaration aussi fracassante qu’enténébrée sur les héritages : « Vous savez ce truc qui tombe du ciel. Il y a un moment où ça suffit ! Il faut en tout cas taxer davantage les héritages et mettre le sujet en débat sur la table ». Des propos qui ont suscité l’émoi chez de nombreux Français, mais la joie des responsables de LFI, telle Danièle Obono, tressaillant de plaisir et roucoulant que la dame Braun-Pivet adoptait la doctrine du Sieur Mélenchon. Mélenchon – Braun-Pivet, même combat ! Dans un des pays à la fois les plus fiscalisés et les plus endettés du monde, il faudrait donc encore plus tondre le mouton français. En taxant davantage les successions, cette manne céleste injuste et socialement coupable… Sauf que ce patrimoine ne vient pas des cieux, mais du labeur de nos pères et mères, de la sueur de leur front, de leur amour pour leurs enfants et de la légitime volonté de leur transmettre des biens. Vouloir spolier les legs et pourquoi pas les confisquer, c’est s’attaquer à trois des piliers de notre civilisation : la famille, le travail et la propriété. Et c’est un contre-sens historique qui ne peut être que l’œuvre de responsables incultes d’une économie aux abois. Surtaxer les héritages, c’est s’attaquer à la famille, au travail et à la propriété Probablement, Madame Braun-Pivet ignore-t-elle l’article 17 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : « La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité ». Assurément n’a-t-elle jamais entendu parler de la mainmorte, cet impôt féodal sur l’au-delà prélevé par le Seigneur sur ses serfs pour leur permettre de garder les modestes biens de leurs parents. Veut-elle donc rétablir cette mainmorte et rayer d’un trait de plume l’article 17 de ce texte fondateur ? « La propriété, c’est le vol » griffonnait l’obscur Proudhon. Mais quand l’Etat est le voleur, la raison du plus fort est toujours la meilleure. A moins que le troupeau d’agneaux en colère se rebelle contre le loup de Bercy ! Gare, les révolutions naissent souvent d’une asphyxie fiscale. Trop d’impôt tue l’Etat ! Même si la France est une République laïque, les religions y ont leur place et chacun doit pouvoir pratiquer sa foi tant que celle-ci respecte les lois de Marianne, garantes du "Vivre Ensemble". Malheureusement, ces dernières années, les actes de violence envers les croyants et les édifices cultuels se multiplient. En premier lieu à l'encontre de nos frères juifs. Aussi contre nos compatriotes musulmans. Mais les chrétiens sont de plus en plus visés. On ne le dit pas assez. Aussi, avec 85 de mes collègues sénateurs, avons-nous cosigné une tribune appelant à réveiller les consciences et les autorités. Ne laissons pas nos églises et leurs fidèles devenir la proie de vandales haineux qui ne souhaitent que détruire notre société et nos valeurs. Et n'oublions jamais nos racines judéo-chrétiennes qui nous ont apporté bien plus qu'un magnifique patrimoine, à savoir les fondements de notre civilisation ainsi que notre morale. Voici cette tribune : Notre Dame brûle-t-elle toujours ? Sur les seuls cinq premiers mois de l’année 2025, 322 actes antichrétiens ont été enregistrés en France, soit une hausse de 13 % par rapport à la même période, un an auparavant. Depuis trois ans, les vols d'objets liturgiques sont en forte hausse : 820 cas ont été signalés en 2024, contre 633 en 2022. Des atteintes en augmentation Pas une semaine ne passe sans que la presse quotidienne régionale ou les réseaux sociaux ne nous informent de ces atteintes, allant de la profanation à l’incendie volontaire jusqu’à l’atteinte à l’intégrité physique. Dans les Landes, 27 églises au moins ont été vandalisées ou profanées en quelques semaines. À Nice, la profanation récente d’une croix sur le boulevard de la Madeleine a profondément choqué la population et suscité l’inquiétude légitime du diocèse. Plus récemment, encore, à Lyon, Ashur Sarnaya, Irakien de 45 ans en fauteuil roulant, membre de la communauté assyro-chaldéenne et fidèle de la paroisse Saint-Éphrem, avait fui l’Irak et la persécution pour trouver refuge dans notre pays. Le 10 septembre dernier, il a été assassiné devant son domicile alors qu’il diffusait une vidéo en direct sur les réseaux sociaux. Comment oublier le martyre du père Jacques Hamel, assassiné de sang froid en 2016, dans son église, alors qu’il célébrait la messe ? Une indignation à géométrie variable Face à ces actes, il est frappant de constater une indignation à géométrie variable. Nous en avons un exemple dans l’actualité récente lors de la survenue de deux événements concomitants : les têtes de cochon déposées devant plusieurs mosquées de Paris ont suscité une vive réaction, dans la classe politique, et une couverture médiatique importante, tandis que l’incendie de la Vierge à Guingamp, en pleine messe de la Nativité, survenu dans des conditions tout aussi graves et symboliquement fortes, n’a suscité ni la même visibilité ni la même mobilisation. Cette différence de traitement renforce, chez de nombreux fidèles, le sentiment que certaines victimes de violences religieuses sont davantage considérées que d’autres. Dans un contexte de recrudescence désormais indéniable, les chrétiens de France se sentent trop souvent abandonnés. Car si la République a su créer, pour lutter contre l’antisémitisme et contre les actes antimusulmans, des plates-formes de signalement, des numéros d’alerte, des partenariats associatifs et des dispositifs d’accompagnement pour les victimes, rien de semblable n’existe pour les actes antichrétiens et cette différence ne peut plus être passée sous silence. Cette dernière nourrit au plus profond des fidèles, et au-delà, un sentiment d’injustice. Elle laisse croire que la souffrance des uns serait moins importante, moins digne d’être entendue et soutenue que celle des autres. Les mêmes moyens de protection pour tous Notre devise nationale ne doit pas être une simple incantation. La liberté suppose que chacun de nos concitoyens, sans distinction, puisse pratiquer sa foi sans craindre ni menaces ni profanations. L’égalité commande que l’État, à son plus haut sommet, déploie les mêmes moyens de protection pour tous. La fraternité, enfin, nous oblige à considérer que lorsqu’un croyant est blessé, c’est l’ensemble de la communauté nationale qui est atteinte. À l’inverse de certains, jamais nous n’appellerons à dresser les victimes les unes contre les autres. Ils nous trouveront, d’ailleurs, toujours sur leur chemin pour rappeler avec force que chaque atteinte à la foi d’un citoyen est une atteinte à la République elle-même. Que lorsqu’une synagogue est profanée, qu’une mosquée est visée, lorsqu’une église est vandalisée, c’est toujours la même liberté essentielle qui est menacée, la même blessure infligée au vivre ensemble. Or, aujourd’hui, les chrétiens n’ont à leur disposition aucun outil équivalent pour alerter, se protéger et obtenir justice. Cette asymétrie est intenable. Aujourd’hui, nous appelons solennellement le gouvernement à agir sans délai. Pour garantir la liberté de culte de chaque citoyen français, il est urgent de mettre en place un dispositif national de signalement et d’accompagnement des victimes d’actes antichrétiens, accessible au grand public, lisible et efficace. À l’heure où les tensions internationales exacerbent les fractures et où le respect mutuel est chaque jour plus fragile, nous devons envoyer un signal clair : aucune haine ne sera jamais tolérée, aucune violence contre un croyant ne sera jamais relativisée, aucune atteinte à un lieu de culte ne sera jamais minimisée. Il en va de notre cohésion nationale, de notre fidélité à l’Histoire de France, à ses racines chrétiennes, et de notre attachement au principe de laïcité, qui n’est pas l’effacement des religions mais la garantie que chacune puisse exprimer sa foi dans la dignité et la sécurité.
Quand le diable devient ange-gardien
L’histoire est parfois facétieuse. C’est ainsi que Donald Trump, le Belzébuth d’Outre-Atlantique, l’homme que presque toutes les bonnes âmes du monde entier aiment détester et parent de tous les vices, vient de réussir une bonne action. Pire, celui à qui tant promettaient l’enfer sans concession est parvenu à planter l’olivier de la paix là où ne germaient que cendres et désolation. Certes, l’heure n’est encore qu’au cessez-le feu. On sait depuis toujours et selon les mots de Clémenceau qu’il est plus difficile de bâtir la paix que de déchaîner les foudres de la guerre. Les barbares lucifériens du Hamas n’ont d’ailleurs pas encore rendu leurs armes. Mais le ciel de Gaza ne résonne plus du tonnerre des canons. Les enfants n’y meurent plus et les derniers otages israéliens, martyrs enterrés dans les tunnels de la honte et de la lâcheté, ont retrouvé la liberté. Ce que tous souhaitaient et tentaient sans succès, l’hôte de la Maison Blanche l’a réalisé à la stupéfaction générale. Chapeau bas, Mister Trump. Ses discours de matamore et ses méthodes de cow-boy peuvent heurter les consciences mijaurées et les Tartuffes de chez nous ; force est de constater qu’il a su semer les graines d’une étonnante « Pax Trumpa » à confirmer. Evidemment parce qu’il est à la tête de la première puissance mondiale. Aussi car il incarne le volontarisme en politique, jamais dans le double discours, et loin de la délicatesse feutrée des diplomates polissés. Toujours avec un pragmatisme sans ruban, parlant à tous (Israéliens, Palestiniens, dirigeants arabes…) et les mettant face à leurs responsabilités. Chapeau bas, Mister Président pour cette « Pax Trumpa » inespérée Dans ce nouveau monde si compliqué, le diable ne se cache pas forcément sous la houppette blonde du président américain… N’en déplaise aux bobos donneurs de leçons qui avaient cru trouver le bouc-émissaire de toutes leurs rancœurs pour au moins 4 ans. Les langues de fiel gloseront sur l’incapacité du shérif de Washington à mettre fin au conflit ukrainien. Cachez ce faiseur de paix que nous ne saurions voir ! Il n’empêche, et même si la presse française en a si peu parlé, l’affreux Donald n’était pas étranger ces dernières semaines à la cessation des hostilités entre le Cambodge et la Thaïlande, le Pakistan et l’Inde, l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Aussi, même si le Prix Nobel de la Paix ne pouvait « décemment » échoir à cet épouvantail mal-pensant, au moins a-t-il celui de l’omniprésence médiatique. « On ne jette des pierres qu’aux arbres qui portent des fruits » dit le dicton !
Au diable les fossoyeurs de civilisation !
Des élèves dont le niveau s'effondre, des profs qu'on ne trouve plus... Mais la priorité d'un syndicat d'enseignants est de modifier les noms des vacances scolaires : finies les vacances de la Toussaint ou de Noël aux noms trop chrétiens, place aux congés d'automne et d'hiver. On pourrait rire de cette anecdote pathétique, cependant on comprend mieux pourquoi notre école est en crise ! Un professeur a pour mission de transmettre le savoir, pas de faire du prosélytisme idéologique. Pire, que des graines de totalitarisme trainent toujours dans la besace de certains syndicalistes enseignants est sidérant ! Vouloir faire table rase du passé, guillotiner ces racines "impures" car chrétiennes, cela rappelle tristement la pire période de la Révolution, la Terreur. Quand, à l'automne 1793, avant que les échafauds accueillent tant de martyrs, Robespierre et les siens avaient sacrifié le vieux calendrier pour les décades révolutionnaires et appelé à débaptiser toutes les communes au nom teinté de "superstition". Ainsi Saint Leu d'Esserent devint "Côtes de la liberté sur Oise, Pont Sainte Maxence "Pont la Montagne", Saint Jean aux Bois, "La Solitude", Sainte Geneviève "Mont Cailloux"... Une fois la Terreur passée, les villes et villages concernés (une soixantaine dans l'Oise) retrouvèrent leur identité, à la grande joie de leurs habitants. Car on n'efface pas des siècles ou même des millénaires d'Histoire d'un coup de baguette wokiste. Dieu merci ! Non à ce wokisme éducatif, cet art malhonnête de repeindre la façade pendant que la maison brûle ! En moins d'une minute, voyez ma réaction à ce sujet sur Public Sénat cette semaine.

Actes anti-chrétiens, Notre-Dame brûle-t-elle toujours ?
Même si la France est une République laïque, les religions y ont leur place et chacun doit pouvoir pratiquer sa foi tant que celle-ci respecte les lois de Marianne, garantes du "Vivre Ensemble". Malheureusement, ces dernières années, les actes de violence envers les croyants et les édifices cultuels se multiplient. En premier lieu à l'encontre de nos frères juifs. Aussi contre nos compatriotes musulmans. Mais les chrétiens sont de plus en plus visés. On ne le dit pas assez. Aussi, avec 85 de mes collègues sénateurs, avons-nous cosigné une tribune appelant à réveiller les consciences et les autorités. Ne laissons pas nos églises et leurs fidèles devenir la proie de vandales haineux qui ne souhaitent que détruire notre société et nos valeurs. Et n'oublions jamais nos racines judéo-chrétiennes qui nous ont apporté bien plus qu'un magnifique patrimoine, à savoir les fondements de notre civilisation ainsi que notre morale. Voici cette tribune : Notre Dame brûle-t-elle toujours ? Sur les seuls cinq premiers mois de l’année 2025, 322 actes antichrétiens ont été enregistrés en France, soit une hausse de 13 % par rapport à la même période, un an auparavant. Depuis trois ans, les vols d'objets liturgiques sont en forte hausse : 820 cas ont été signalés en 2024, contre 633 en 2022. Des atteintes en augmentation Pas une semaine ne passe sans que la presse quotidienne régionale ou les réseaux sociaux ne nous informent de ces atteintes, allant de la profanation à l’incendie volontaire jusqu’à l’atteinte à l’intégrité physique. Dans les Landes, 27 églises au moins ont été vandalisées ou profanées en quelques semaines. À Nice, la profanation récente d’une croix sur le boulevard de la Madeleine a profondément choqué la population et suscité l’inquiétude légitime du diocèse. Plus récemment, encore, à Lyon, Ashur Sarnaya, Irakien de 45 ans en fauteuil roulant, membre de la communauté assyro-chaldéenne et fidèle de la paroisse Saint-Éphrem, avait fui l’Irak et la persécution pour trouver refuge dans notre pays. Le 10 septembre dernier, il a été assassiné devant son domicile alors qu’il diffusait une vidéo en direct sur les réseaux sociaux. Comment oublier le martyre du père Jacques Hamel, assassiné de sang froid en 2016, dans son église, alors qu’il célébrait la messe ? Une indignation à géométrie variable Face à ces actes, il est frappant de constater une indignation à géométrie variable. Nous en avons un exemple dans l’actualité récente lors de la survenue de deux événements concomitants : les têtes de cochon déposées devant plusieurs mosquées de Paris ont suscité une vive réaction, dans la classe politique, et une couverture médiatique importante, tandis que l’incendie de la Vierge à Guingamp, en pleine messe de la Nativité, survenu dans des conditions tout aussi graves et symboliquement fortes, n’a suscité ni la même visibilité ni la même mobilisation. Cette différence de traitement renforce, chez de nombreux fidèles, le sentiment que certaines victimes de violences religieuses sont davantage considérées que d’autres. Dans un contexte de recrudescence désormais indéniable, les chrétiens de France se sentent trop souvent abandonnés. Car si la République a su créer, pour lutter contre l’antisémitisme et contre les actes antimusulmans, des plates-formes de signalement, des numéros d’alerte, des partenariats associatifs et des dispositifs d’accompagnement pour les victimes, rien de semblable n’existe pour les actes antichrétiens et cette différence ne peut plus être passée sous silence. Cette dernière nourrit au plus profond des fidèles, et au-delà, un sentiment d’injustice. Elle laisse croire que la souffrance des uns serait moins importante, moins digne d’être entendue et soutenue que celle des autres. Les mêmes moyens de protection pour tous Notre devise nationale ne doit pas être une simple incantation. La liberté suppose que chacun de nos concitoyens, sans distinction, puisse pratiquer sa foi sans craindre ni menaces ni profanations. L’égalité commande que l’État, à son plus haut sommet, déploie les mêmes moyens de protection pour tous. La fraternité, enfin, nous oblige à considérer que lorsqu’un croyant est blessé, c’est l’ensemble de la communauté nationale qui est atteinte. À l’inverse de certains, jamais nous n’appellerons à dresser les victimes les unes contre les autres. Ils nous trouveront, d’ailleurs, toujours sur leur chemin pour rappeler avec force que chaque atteinte à la foi d’un citoyen est une atteinte à la République elle-même. Que lorsqu’une synagogue est profanée, qu’une mosquée est visée, lorsqu’une église est vandalisée, c’est toujours la même liberté essentielle qui est menacée, la même blessure infligée au vivre ensemble. Or, aujourd’hui, les chrétiens n’ont à leur disposition aucun outil équivalent pour alerter, se protéger et obtenir justice. Cette asymétrie est intenable. Aujourd’hui, nous appelons solennellement le gouvernement à agir sans délai. Pour garantir la liberté de culte de chaque citoyen français, il est urgent de mettre en place un dispositif national de signalement et d’accompagnement des victimes d’actes antichrétiens, accessible au grand public, lisible et efficace. À l’heure où les tensions internationales exacerbent les fractures et où le respect mutuel est chaque jour plus fragile, nous devons envoyer un signal clair : aucune haine ne sera jamais tolérée, aucune violence contre un croyant ne sera jamais relativisée, aucune atteinte à un lieu de culte ne sera jamais minimisée. Il en va de notre cohésion nationale, de notre fidélité à l’Histoire de France, à ses racines chrétiennes, et de notre attachement au principe de laïcité, qui n’est pas l’effacement des religions mais la garantie que chacune puisse exprimer sa foi dans la dignité et la sécurité.

Quand les juges font la loi, sommes-nous encore en démocratie ?
Depuis plusieurs mois, une série de décisions rendues par nos plus hautes juridictions — Conseil constitutionnel, Conseil d’État, Cour de cassation — pose une question grave, qui dépasse les clivages partisans : vivons-nous encore dans une démocratie où le peuple, par ses représentants, fait la loi ? Ou bien sommes-nous passés dans une République des juges, où les cours se substituent au Parlement et à la volonté générale ? Trois exemples récents qui inquiètent • La rétention des étrangers dangereux Suite au drame de la jeune Philippine, violée puis tuée dans le bois de Boulogne en septembre 2024 par un étranger récidiviste en situation irrégulière, et qui avait été libéré d’un centre de rétention administratif, le ministre de l’Intérieur et la majorité sénatoriale avaient porté un texte nécessaire et courageux : allonger de 90 à 210 jours la durée de maintien en centre de rétention pour les étrangers condamnés pour des faits graves, afin de mieux protéger nos concitoyens. Cela se fait d’ailleurs chez la plupart de nos voisins. Le Conseil constitutionnel a censuré cette disposition, privant l’État d’un outil essentiel contre l’insécurité. En clair, les juges préfèrent la protection des droits des délinquants étrangers à celle des Français. • Les congés payés en cas de maladie Par une décision récente, la Cour de cassation a reconnu à un salarié tombé malade pendant ses congés le droit de reporter ceux-ci. Faut-il rappeler que le législateur n’a jamais prévu un tel droit ? Voilà une règle nouvelle, lourde de conséquences pour les entreprises, créée non par le Parlement mais par une cour qui s’érige en législateur social et qui posera de très nombreux problèmes d’égalité avant la loi car bien des professions ne pourront concrètement pas bénéficier de ce nouveau « droit » sans désorganiser la société. Il en est ainsi des enseignants ! • La loi « contraintes » en agriculture Dernière illustration en date : le Conseil constitutionnel a censuré l’article 2 de la fameuse loi Duplomb, à savoir la disposition permettant une dérogation encadrée à l’interdiction des néonicotinoïdes. Sous prétexte de protéger l’environnement, il prive nos agriculteurs d’outils indispensables à la survie de leurs cultures, alors que tous les autres pays européens autorisent la molécule incriminée, l’acétamipride. Moins « compétitifs », fragilisés, nos agriculteurs abandonneront à terme les cultures concernés (betteraves, noisettes), nous condamnant dès lors à importer des produits traités avec de l’acétamipride !!! On aura donc fait disparaitre certaines productions de nos terroirs mais on continuera de consommer sans le savoir ces fameux insecticides… La dérive d’une « République des juges » Ces exemples s’ajoutent à une longue liste de décisions où les juges s’autorisent à écrire ou réécrire la loi. Or, dans notre République, c’est au Parlement qu’il revient de dire ce qui est légal et ce qui ne l’est pas. Les magistrats doivent juger selon la loi, pas la fabriquer. Lorsque des juges inventent des droits nouveaux ou annulent des choix politiques clairs du législateur, ils confisquent au peuple une part essentielle de sa souveraineté. Car la démocratie, ce n’est pas le gouvernement des juges. C’est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Il est urgent de réaffirmer le rôle du Parlement comme cœur battant de la démocratie française. La séparation des pouvoirs est une condition de la démocratie. Si le juge outrepasse son rôle, si les cours décident à la place des élus, alors le pacte républicain se trouve rompu. Le peuple français a le droit de savoir : qui fait la loi dans notre pays ? Ses représentants élus… ou des magistrats nommés ? Même si elle est imparfaite, je choisis la démocratie parlementaire. Au moins le peuple peut-il changer ses parlementaires selon ses vœux et au gré des alternances. Alors que les juges sont, eux, irresponsables au sens propre et qu’ils ne tirent pas leur légitimité du suffrage populaire…
Porcelaine
Il y a ce que l'on est et ce que l'on aimerait être. Un peu de poésie, soierie de mots, ne fait jamais de mal... Porcelaine Du clair-obscur de nos bouillonnantes âmes Au trompe-l’œil de nos scintillantes flammes Mi-héros mi-voyou, surgit un buste étrange Né des noces féroces du démon et de l’archange Icône d’albâtre enneigée de pépites basaltiques Tel est l’homme, éternel Janus et gladiateur Calcaire pleurant des stalactites atomiques Rêvant droiture et acropole, suintant souillure, médiocre acteur De sa fragile armure, la porcelaine de nos contradictions Agile boussole du labyrinthe de nos malédictions Nous guide, futile bouclier, au son d’utiles psalmodies Tentant d’éteindre ou de draper les coupables incendies Parfois se lève l’arc-en-ciel, parfois s’élève la clameur Si le pétale ennivre, l’épine essaime la rage Gare au miel amer de la vie, caméléon aux ondoyantes humeurs Et vogue la nef de l’âme, entre azur et orage Mais quand se brise la céramique Rongée de saines résolutions, gavée d’ignobles tentations Adam retrouve sa primitive tunique Seul face à sa conscience, maître de ses directions

Boomers et retraités, les nouveaux boucs émissaires.
Drôle de rentrée… Abracadabrantesque, pour ne pas dire cauchemardesque. Car le coup de poker kamikaze de François Bayrou, à peine plus d’un an après la dissolution hara-kiri, ancre encore plus le vaisseau France, déjà bien abîmé, dans un triangle des Bermudes infernal. Pire qu’un suicide, le Premier Ministre s’est donc condamné lui-même à la destitution par la coalition de ses opposants qui n’en espéraient pas tant. On croyait pourtant le Béarnais madré, avec ses 50 ans de pratique politicienne. Lui qui se rêvait en Henri IV se révèle un triste Mister Bean des Pyrénées … Un naufrage d’autant plus consternant que son constat, sa volonté affichée de stopper la mortifère course à la dette n’étaient que bon sens. L’art politique consistant à rendre possible ce qui est souhaitable, voilà un triste exemple à ne pas suivre. François Bayrou se rêvait Henri IV, Il se révèle un triste Mister Bean des Pyrénées… Le mal étant inévitable, face au tintamarre de la confrérie des démagogues, la voix de la raison n’est désormais plus guère audible. Un murmure d’eunuque dans une jungle où fauves et reptiles guettent. Or, le futur ex-locataire de Matignon a réussi l’exploit d’aggraver son cas en tentant de justifier ses mesures par l’égoïsme de boucs émissaires inattendus : nos aînés ! Ainsi a-t-il, sur le plateau de TF1, stigmatisé, désigné comme privilégiés ceux qui « profitent» de leur retraite aux dépens des jeunes générations, qui paieraient pour l’égoïsme de ces aînés… N’est-ce pas oublier que ces retraités, ces boomers « honteux » ont souvent travaillé beaucoup. Bien plus que 35 heures par semaine. Souvent dès 14 ans. Que certains ont fait la guerre d’Algérie, appelés du contingent qui n’avaient pas leur mot à dire. Que tous les jeunes gars d’alors consacraient au moins un an de leur vie au service militaire. Que le RSA et autres prestations sociales n’existaient pas. Ils ont évidemment cotisé toute leur vie active pour financer les pensions de leurs propres aînés. Qu’aujourd’hui, très souvent, ils aident, financièrement, matériellement leur famille, leurs petits-enfants, mais aussi leurs propres parents lorsqu’ils sont dépendants… Nos aînés et retraités, des privilégiés ?!, des enfants gâtés ?! Difficile donc d’être plus maladroit, injuste, immoral et déconnecté des réalités d’hier et d’aujourd’hui que le Premier Ministre. Certes, le redressement des finances du pays passera par des efforts de toutes les générations. Et les retraités devront y prendre leur part. Mais ce n’est certainement pas en les traitant d’enfants gâtés qu’on les convaincra. La France a tout sauf besoin d’un combat des âges, d’une nouvelle querelle des anciens contre les modernes, mais d’un projet commun, de faire Nation. Et que chacun y contribue. À sa mesure, et avec une équité qui n’oublie pas les efforts passés.

Non-assistance à école en danger,
une tragédie française
Lundi 1er septembre, plus de 12 millions d’élèves et 850 000 enseignants vont retrouver le chemin de l’école, du collège ou du lycée. Sans oublier les AESH, surveillants et autres acteurs de l’univers scolaire. Parce qu’elle concerne directement près de 20 % des Français et indirectement toute la population (parents et grands-parents), parce qu’historiquement, République et École sont indissociables, parce que l’Éducation Nationale est de loin la vitrine régalienne la plus exposée, la plus fragile et la plus importante du pays, toute rentrée est un moment essentiel. Or, depuis des années, notre école, jadis fierté républicaine, est en souffrance. Entre harcèlement et violences (entre élèves ou contre les enseignants), dégringolade dans le classement PISA, crise des vocations professorales (avant tout liée à la paupérisation et au déclassement du métier), atteintes répétées au principe de laïcité … notre école est malade. L’échec scolaire prospère. L’égalité des chances n’est plus qu’un vieil idéal, et bien des parents viennent chercher refuge dans le privé, non pas pour des raisons confessionnelles, mais en espérant y retrouver les valeurs de rigueur et de travail de l’école publique d’hier. Alors que faire ? Encore plus de moyens ? En ces temps de chaos budgétaire, ce serait folie. D’autant plus que de réels efforts ont été faits entre 2022 et 2024 avec une manne qui est passée de 55 à 64 milliards d’euros. Bénéficiaire du premier budget de l’État (avant que la charge de la dette ne le dépasse tantôt), l’Éducation Nationale doit savoir mieux utiliser ses ressources. Notamment en rendant le métier d’enseignant à nouveau attractif par une revalorisation salariale notable. Même si les débuts de carrière ont été réévalués pour atteindre 2 000 €, les professeurs français restent parmi les plus pauvres d’Europe, avec une baisse de pouvoir d’achat de 10 à 15 % depuis 1990. Paradoxe de notre époque, une opportunité financière existe : la triste et massive baisse des effectifs. Entre 2015 et 2028, nous passerons de 6,7 millions d’élèves à moins de 6 millions dans le premier degré. Cette fonte des glaces scolaires peut permettre de mieux payer nos enseignants tout en améliorant le taux d’encadrement des classes. Mais cela implique de réduire le nombre d’enseignants. Une révolution des esprits, une résurrection de certaines valeurs, « gratuites » et salutaires, s’imposent aussi. Avec une école à nouveau républicaine, émancipatrice, refusant le nivellement par le bas. Sans retour au tableau d’honneur, excellence et méritocratie ne doivent pas être tabou. Ni un accueil spécifique des élèves les plus fragiles (combien de SEGPA ont disparu ?). Le moule du collège unique fut une erreur magistrale. Les parcours manuels et professionnels, longtemps méprisés, doivent retrouver leurs lettres de noblesse. Quant à la redéfinition de la carte de l’éducation prioritaire, annoncée depuis longtemps mais toujours différée, n’oubliant plus la ruralité, elle est indispensable. Sanctuarisée, l’école doit redevenir ce lieu de quiétude consacré à la transmission du savoir, « l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas » selon les mots de Jean Zay. Cela passe par le recentrage des programmes du primaire sur les fondamentaux (lire, écrire, compter) depuis longtemps prônée en vain. Cela passe aussi par une autorité incontestée de l’enseignant et la tolérance zéro face à tous les actes d’irrespect de violence, de refus de certains apprentissages, de défi au bouclier laïc qui permet de lutter contre les poisons du communautarisme. La loi sur le voile voulue par Jacques Chirac en 2004 et plus récemment la directive Attal interdisant l’abaya prouvent que courage et volonté peuvent payer. L’autonomie accrue des établissements doit être tentée comme la possibilité de bivalence chez les enseignants du secondaire. Et que cesse enfin la valse des ministres rue de Grenelle. Trop de ministres éphémères, trop de réformes bâclées (du lycée, du baccalauréat…). Mère des batailles parce que mère de la République, l’école a plus besoin que jamais de lucidité, de sérénité, de volonté. Cette tribune sera publiée dans Marianne. Je vous laisse en prendre connaissance. Olivier Paccaud Sénateur de l'Oise

Non, la France n’est pas raciste !
Comment oser affirmer que la France est tyrannisée par un racisme systémique quand on voit son équipe nationale de football ? Non, la France n’est pas raciste ! La semaine dernière, j’ai participé sur Public Sénat à un débat passionnant autour de la célébration des 40 ans de SOS Racisme. Au préalable, un documentaire remarquable décrivait avec précision les mystères de la genèse de cette association mythique, aux noces incestueuses avec quelques jeunes agitateurs socialistes venus de la Ligue Communiste Révolutionnaire, sous l’œil gourmand et machiavélique de Tonton Mitterrand, grand-maître de la manipulation politique, expert en récupération cynique. Entre idéalisme et militantisme assumé, bons sentiments et « coups de com’ » subtils, SOS Racisme occupe la scène médiatique et oriente les bonnes consciences depuis près de 40 ans. Pour le plus grand bien de la carrière politique de ses fondateurs, tous devenus ministres, députés ou sénateurs sous la Sainte protection du parti socialiste (Harlem Désir, Laurence Rossignol, Julien Dray, David Assouline). Avec un objectif louable : lutter pour l’égalité des droits. Et un corollaire moralisateur et particulièrement vicieux : la France serait un nid de scorpions, un jardin des horreurs, où sévit un ignoble racisme « systémique », méthodiquement cultivé par des démons lepénistes hypnotisant gros beaufs et vieille bourgeoisie réac. Désormais débordé sur son extrême gauche par la France Irresponsable et Ignoble, qui fait de l’antiracisme sa potion magique électorale en banlieue, SOS Racisme vivote, nostalgique de son passé médiatique glorieux. Mais reste le fond du débat : la France est-elle un ramassis de racistes haineux ? Évidemment, on trouvera toujours des bougons caricaturaux prônant le rejet de l’autre. Oui, quelques individus ségrégationnistes et fiers de l’être distillent leur poison à coups de poings ou de propos fielleux. Du racisme d’ailleurs de toutes les couleurs. Anti-arabe, anti-noir. Mais aussi anti-juif et anti-blanc… Or, il suffit de regarder toutes les équipes de France de football, le sport le plus populaire et emblématique, mais aussi de basket, d’athlétisme, de handball, pour voir que la couleur de peau n’est pas un critère discriminant dans la France de 2025. Comme dans celles de 1982 ou 1998. Non, la France n’est pas régie par un système d’apartheid privilégiant les « Gaulois » de souche… C’est peut-être la raison de l’échec patent de SOS Racisme qui avait fait de la lutte contre l’hydre F.N. une de ses raisons d’être. Malgré 40 ans de mise au ban, le F.N. devenu R.N. est plus fort que jamais. Cependant, un malaise lié à l’immigration taraude notre pays. Peut-être parce que le multiculturalisme a ses limites et ses abysses. Probablement parce que l’intégration ne se fait plus ? Assurément parce que certaines valeurs fondatrices de l’identité et de la société française semblent désormais en danger : la laïcité, la mixité, la liberté et le respect de la femme…
Pour qu’un pays tienne debout, il lui faut des fondations
Jour après jour, la danse macabre des "faits divers" alimente nos cauchemars et la litanie des martyrs rallonge la liste des innocents sacrifiés. Ils s'appelaient Mélanie, Elias, Thomas,... tous victimes de la décivilisation, de l'ensauvagement, de la barbarisation de notre société ! La question centrale aujourd’hui n’est plus simplement celle de la sécurité, de l’éducation ou du pouvoir d’achat. La vraie question, la plus grave, est celle-ci : peut-on encore incarner une autorité dans une société qui la vomit ? Nous assistons à une décomposition à bas bruit, un effondrement silencieux, celui de toute forme d’autorité légitime : l’autorité du maître, la figure parentale, le respect des élus, la Nation comme horizon commun. Tout ce qui structurait la société française est désormais tourné en dérision, relativisé, déconstruit. Ce processus n’est pas un hasard. Il porte un nom : la déconstruction. Importée des milieux universitaires américains, elle s’est progressivement installée dans notre quotidien. Elle prétend libérer les individus ; en réalité, elle les déracine, les isole et les expose à la violence. Quand on déconstruit l’école, la violence augmente. Quand on déconstruit la police, les trafics explosent. Quand on déconstruit la Nation, les replis communautaires se multiplient. Et aujourd’hui, notre jeunesse elle-même en paie le prix fort. Elle se perd dans tous les classements internationaux. Nos élèves affichent des lacunes dramatiques en mathématiques, en sciences, mais aussi – et peut-être surtout – dans la maîtrise de leur propre langue. Comment transmettre une culture, une pensée, une histoire, à une jeunesse à qui l’on n’apprend même plus à nommer le monde ? Voilà le fruit de décennies de renoncements. L’autorité ne disparaît jamais : elle change de mains. Quand la République n’incarne plus la loi, c’est la bande qui le fait. Quand le professeur n’a plus d’autorité, c’est l’élève qui impose la sienne. Quand le père est ridiculisé, la figure du chef est récupérée par d’autres : « grands frères », gourous, réseaux sociaux, caïds. Décivilisation, ensauvagement... le poison de la barbarie prospère car la République a perdu sa boussole. Ce n’est pas un fantasme. Ce n’est pas un slogan. C’est une réalité quotidienne. La décivilisation, ce n’est pas une provocation intellectuelle. C’est ce qui se produit quand on fait sauter les digues : celles de l’éducation, de la transmission, de la culture, de la loi. C’est l’héritage de Mai 68. Certains disent que ce discours est passéiste, qu’il fleure bon la nostalgie de l’ordre ancien. Mais soyons clairs : ce n’est pas être réactionnaire que de croire à la transmission, à l’autorité, à la civilité. Ce qui est réellement réactionnaire aujourd’hui, c’est ce discours de table rase permanente, celui qui fait de toute norme une oppression, de toute hiérarchie une injustice, et de toute valeur un outil de domination. Vous appelez cela "progrès" ? Moi j’appelle cela chaos. Car un pays sans repères produit des enfants perdus, des professeurs martyrisés, des policiers traqués et des citoyens désespérés. Voilà la France d’aujourd’hui. Une France qui souffre parce qu’on a méthodiquement détruit ce qui faisait sa force. Non, nous ne devons pas rougir de vouloir reconstruire ce que d’autres ont détruit. Nous ne devons pas reculer devant ceux qui confondent autorité et autoritarisme, fermeté et violence, hiérarchie et oppression. L’autorité, la vraie, est ce qui permet à un professeur de transmettre, à un parent d’élever, à une nation de tenir debout. Et si nous ne la rétablissons pas, alors elle sera confisquée. Par la rue. Par la jungle. Par les plus forts. Il est temps de choisir : la civilisation ou la sauvagerie. L’autorité ou l’abandon. La continuité ou la chute. Et ce choix, nous devons l’assumer. Clairement. Maintenant.

« Pas de pays sans paysans ! »
S’ils sont dans la rue alors qu’ils préféreraient être dans les champs et leurs prés, c’est parce qu’ils sont mécontents. A raison. Alors qu’une proposition de loi (dite Duplomb) a été très largement adoptée au Sénat afin de lever les contraintes pesant sur nos agriculteurs et nos éleveurs, les députés insoumis et écologistes tentent de la saboter. Que prévoit ce texte entre autres ? Permettre le stockage d’eau (pour mieux faire face aux sécheresses), réintroduire un produit phytosanitaire utilisé dans toute l’Europe (l’acétamipride), faciliter la construction de bâtiments agricoles … Bref, tout simplement aider nos agriculteurs à travailler et à être compétitifs ! Car n’est-il pas fou que la France importe près de la moitié de son alimentation ? Avec des terres si fertiles, des climats propices à tant de cultures et surtout des agriculteurs au savoir-faire remarquable ! On marche sur la tête… N’oublions jamais que nos agriculteurs et éleveurs nous nourrissent, que la souveraineté alimentaire n’a pas de prix. N’oublions jamais que nos agriculteurs sont les seuls vrais écologises car personne ne connait la nature mieux qu’eux ! N’oublions jamais cette éternelle vérité : « Pas de pays sans paysans ».
Le grand Charles, un héros moderne au service de la France
Voici quelques jours, Public Sénat a diffusé dans le cadre de son « Ciné Club » un téléfilm en 2 parties intitulé « Le grand Charles ». Un bon moyen de se replonger dans les moments clés de l’épopée gaullienne, de juin 1940 à avril 1969. Entre refus de la débâcle, naissance de la France libre et heure de gloire, traversée du désert et avènement de la Ve République, le parcours du dernier géant de notre Histoire est remarquablement synthétisé par un récit parsemé d’images d’archives bien choisies. En guide d’apéritif à la séance, j’ai eu le plaisir d’être invité par Claire Chazal à évoquer l’œuvre mais aussi la pensée et l’héritage politique de celui qui a tant marqué notre Nation que la prophétie d’André Malraux est devenue réalité : « Tout le monde a été, est ou sera gaulliste ». Régulièrement, on interroge les Français pour savoir qui fut le meilleur Président de la République. Leur réponse est toujours la même : Charles de Gaulle. Disparu il y a maintenant 55 ans, il fut celui qui incarna la France Libre et la Résistance lors du dernier conflit mondial avant d’être le fondateur de la Ve République et le père de notre France contemporaine. Aujourd’hui, il a rejoint dans le Panthéon des héros nationaux celles et ceux qu’il admira tant dans son enfance ; Vercingétorix, Jeanne d’Arc, Louis XIV, Napoléon Bonaparte. Mais, même si les historiens ont analysé minutieusement toutes les facettes de son action comme chef de la Résistance puis comme Président de la République, on ne mesure peut-être pas encore à quel point Charles de Gaulle a influencé et modernisé notre pays et notre société. Comme Jeanne d'Arc et Clémenceau avant lui, de Gaulle a refusé la défaite et semé l'espoir Comme tout héros, c’est d’abord dans le combat qu’il s’est révélé. Après avoir connu les tranchées de 14/18 et y avoir été blessé, il devint à partir de 1940 un symbole de l’espoir. Quand tout semblait perdu, alors que le pays était envahi, que l’exode et la capitulation constituaient une des pages les moins glorieuses de notre histoire, il s’est dressé, seul. Et, comme Jeanne d’Arc et Clémenceau avant lui dans des heures aussi sombres, il est parvenu, par son refus de la défaite et sa détermination à laver l’honneur de la France, à ranimer l’espérance et à métamorphoser en allié victorieux un pays un temps soumis et collaborateur. Mais s’il a su faire la guerre, il a su aussi réussir la paix. A l’intérieur du pays, en 1944 et 1945, alors que le chaos régnait. Puis en Algérie, malgré la douleur du déchirement. Enfin, et peut-être surtout, il a osé la réconciliation avec l’Allemagne de Konrad Adenauer. Surmontant des siècles d’histoire sanglante entre nos deux peuples, il a transformé les ennemis de toujours en amis sincères, en partenaires économiques privilégiés. Dès lors, l’Europe est devenue possible. Créateur du couple franco-allemand, soutien actif des premiers pas de la C.E.E., après le Traité de Rome en 1957, de Gaulle est un des pères de l’Europe. Visionnaire, il rêvait d’une Europe large et généreuse, de l’Atlantique à l’Oural. Clairvoyant et pragmatique, il la voulait respectueuse des identités de chacun, loin de ceux qui pensaient pouvoir « intégrer les nations comme des marrons dans une purée », oubliant ainsi la profondeur des racines nationales. L’horizon de de Gaulle ne s’arrêtait pas seulement à cette Europe dont il permettait l’éclosion. En pleine guerre froide, son autorité fascinante et sa détermination à doter la France d’une force de dissuasion lui permettaient de faire entendre et respecter la voix de la France par les géants russe et américain. Mieux, de l’Amérique latine à l’Asie en passant par le continent africain, rarement la parole française fut autant admirée et écoutée. Meilleur Président de la République, père de la France moderne et de la réconciliation franco-allemande Charles de Gaulle était avant tout habité par la passion de la France. Et cette France, il l’a profondément redressée. C’est ainsi qu’il a fait de notre République une véritable démocratie. En donnant le droit de vote aux femmes ; en faisant élire le Président de la République au suffrage universel ; en offrant régulièrement au peuple par la voie du référendum le choix de son avenir ; en dotant notre pays d’institutions efficaces et équilibrées. Mais l’œuvre de de Gaulle ne se limite pas à la politique et à ses aspects constitutionnels. Les années gaulliennes furent aussi celles de la prospérité économique, de la modernisation de l’appareil de production sans oublier un souci réaliste de justice sociale, avec, par exemple, la naissance de la sécurité sociale dans la France à peine libérée. Chef de guerre, artisan de la paix et de la construction européenne, écrivain aussi dont la plume savait être à la fois lyrique et concise, Président d’une République réformée, responsabilisée et prospère, Charles de Gaulle est assurément l’un des grands hommes les plus complets de notre histoire, l’un de ceux qui ont le plus fait pour la grandeur et le rayonnement international de la France. Guidé par son patriotisme, son sens de l’honneur, de l’intérêt général, de la fidélité, de l’indépendance et son refus de la fatalité, il est un exemple devenu quasiment sacré pour les Français. Voici aussi mon échange avec Claire Chazal (ci-dessous). Quant au téléfilm, il est disponible en replay sur Public Sénat. Pour les passionnés d’histoire, de politique ou du Général de Gaulle, n’hésitez pas !

« America only » et « Business first », ou le nouveau monde de Donald Trump
Depuis quelques jours, l’Occident bien-pensant semble groggy, surpris, tel un boxeur naïf touché par un uppercut inattendu. Les Européens sonnent le tocsin. Emmanuel Macron est monté en chaire pour son homélie préférée, celle de la patrie en danger. Mieux même, de l’Europe au bord du gouffre ! Pas en reste, Ursula von der Leyen a endossé sa tunique élimée de Wonder Woman à la pose martiale. Or reines et princes européens sont nus. Parés de leur seul et pauvre arsenal verbal, vexés de voir leurs faiblesses et contradictions ainsi révélées. Et surtout au pied du mur. Car les alliances d’hier semblent avoir vécu. Pourtant, Donald Trump avait annoncé la couleur. Pendant sa campagne, et même durant son premier mandat. Si l’homme a tous les défauts du monde, il a au moins une qualité : le franc-parler, certains diront la brutalité. « America first ! », tel est son credo. Comme Clémenceau et son « Je fais la guerre » , ou Caton et son « Carthago delenda est », il décline son évangile. Avant tout en économie et diplomatie. Avec des manières fleurant bon le western où presque tous les coups sont permis.. Pour quelques dollars de plus, au nom de la sécurité et surtout des intérêts états-uniens, le voici acheteur du Groenland et du canal de Panama ou promoteur d’une riviera oasis à Gaza. Entre richesses minérales, routes commerciales et positions stratégiques, le globe est devenu pour Trump un Monopoly géant. La diplomatie de la canonnière et du jackpot ! Peu importe si les autochtones veulent rester souverains ! If « you don’t have the cards… ». Être à la fois, et selon les théâtres d’opération, le bon, la brute et le truand, il fallait oser. Colonialisme du XXIe siècle ou impérialisme 2.0, la firme Trump a rebattu les cartes des relations internationales. L’objectif est simple : retrouver le leadership mondial contesté par l’ogre de Pékin. Cela passe par la fin de l’idylle sino-russe. Néo-impérialisme, téléréalité et Monopoly ! Et quelques changements de méthode. Moins de sourires à l’Ouest et plus de biceps. Certes, ni l’angélisme, ni la philanthropie n’ont jamais fait partie de la panoplie diplomatique US, et leur interventionnisme a rarement été désintéressé ou spontané, tout au long de leur courte histoire. « Lafayette, nous voilà ! » oui, mais après le Lusitania et Pearl Harbor… Cependant, un État ne doit-il pas d’abord se préoccuper de son peuple et de ses intérêts ? Évidemment si. Tous les prédécesseurs de Donald Trump, de Washington à Obama, en passant par Monroe et les deux Roosevelt, y ont d’ailleurs scrupuleusement veillé. Mais du traditionnel « America first », on semble être passé à « America only ». Une version bien plus cynique et agressive. Avec en supplément, « business first » dans la parfaite logique de l’auteur de « The Art of the deal », ce manifeste du chef d’entreprise « rédigé » voici 40 ans par Donald Trump bâtisseur de son empire immobilier. La diplomatie exige souvent un minimum d’apparence aimable ; le fameux « bas de soie » de Napoléon, même rempli du pire. Visiblement, le président américain trouve plutôt l’inspiration du côté du « combien de divisions ? » de Staline ou du loup de La Fontaine : « la raison du plus fort est toujours la meilleure ». Inventant le catch diplomatique en prime-time dans le bureau ovale avec le courageux kamikaze Zelensky, traitant avec des égards enamourés le nouveau Tsar qui martyrise l’Ukraine, le tenant de la Maison-Blanche espère bien imposer un armistice qui lui rapportera des terres rares et peut-être en bonus un prix Nobel de la paix. Dans ce monde fou, tout est possible et rien ne semble résister au bulldozer Trump. Même ses menaces en matière de droits de douane, que ce soit vis-à-vis de la Chine, de l’Union Européenne, du Canada, du Mexique interrogent. Mister Trump manie la carotte et le bâton. À juste titre, il hésite. Car la hausse des taxes douanières pourrait plus relancer l’inflation que doper certaines industries US. Et l’inflation, les Américains détestent ! Plutôt Rome que Canossa et Washington Quid de la France et de l’Union Européenne dans cette nouvelle donne ? Si l’analyse est aisée, les choix à faire sont compliqués. Car ils nécessiteront bien des efforts et surtout un changement de paradigme. Autruche fainéante, l’Europe vassalisée car otanisée profitait de « bienfaits » budgétaires. Mais cette conception du concert des nations est tout simplement mortifère. En abandonnant sa protection au fameux parapluie américain, l’Europe a perdu son indépendance. Désormais, elle n’a plus qu’une seule alternative, vieille comme un adage de la Rome antique : « Si vis pacem, para bellum ». Si l’Europe veut la paix, mais aussi retrouver l’indépendance et éviter d’aller à Canossa, alors elle doit payer pour sa défense. Le réveil est brutal et coûteux. Mais il peut être salutaire. À l’Europe de devenir européenne… À ses membres de se réarmer en achetant désormais du matériel européen. Et pourquoi pas français? ! Que nos amis polonais préfèrent donc les rafales aux F 35. Dans cette équation particulière, la France a une carte à jouer. Merci de Gaulle, la dissuasion, son feu nucléaire et notre indépendance ! Sans nous voir plus beaux que nous ne sommes, mesurons nos atouts et complétons-les. La loi de programmation militaire actuelle devra ainsi être révisée à la hausse. Quant à des partenariats renforcés avec nos voisins et alliés européens, c’est le moment ou jamais. Mais pas à n’importe quel prix, et notamment pas à celui d’un super État européen, dont seuls veulent les « technos » bruxellois, ni à celui d’une force atomique partagée. L’alliance ne saurait être fusion. Les cariatides du Nouveau Monde de Donald Trump, néo-impérialisme, téléréalité et Monopoly, ont au moins une vertu: nous obliger à réagir. À nos chefs d’État d’être à la hauteur de ces enjeux inédits.

Éloge de l’écran noir : Sauvons l’Homo Smartphonicus !
La réalité dépasse plus souvent la fiction qu’on ne pense. Dans 1984, paru en 1948, Georges Orwell imaginait un totalitarisme absolu, un État martial et glacial, l’Océania. Pour ciseler son enfer littéraire, l’écrivain britannique n’avait eu qu’à disséquer, décalquer l’embrigadement systématisé, la folie calculée des sociétés nazie et bolchévique. Son Big Brother était d’ailleurs un fidèle avatar des deux siamois diaboliques, Hitler et Staline. Mais le génie visionnaire d’Orwell dota le Duce de papier d’une arme d’un nouveau genre : le télécran. Cet œil infini, méduse infernale présente dans chaque foyer et bureau, dont auraient rêvé tous les Goebbels de la galaxie fascisante. Pour façonner les âmes et effacer les consciences, les propagandes à croix gammée ou marteau et faucille avaient la radio, le cinéma, les loisirs et l’art officiels, les jeunesses brunes ou rouges… Ce maudit miroir complétait cyniquement et définitivement l’arsenal fatal de domestication massive du peuple. Du télécran de Georges Orwell à l’Homo Smartphonicus, itinéraire d’une humanité sous camisole numérique Mais ce qui n’était que roman voici 75 ans est désormais factualité brute. Pire, l’Homo Smartphonicus a décidé de s’asservir lui-même, de s’autolobotomiser, enchaîné à sa camisole numérique, accro à des réseaux dits sociaux. Narcisse hypnotisé par son écran, apprenti sorcier escargotisé par la féérie diabolique et le doux venin de son téléphone portable, l’homme nouveau erre tel un Robinson Crusoé aveuglé dans les sables mouvants du métaverse abrutissant. Face aux ravages du darwinisme technologique et parce que l’Homo Sapiens pourrait s’avérer en voie d’extinction, la salubrité universelle nous dicte de savoir maîtriser, canaliser et même parfois éteindre ces petites machines démoniaques. Sus à l’écran tyran ! Éloge de l‘écran noir !

Quelques vœux « royaux » pour notre République
Si Marianne tient aujourd’hui solidement et fièrement l’étendard national, ce ne fut pas toujours le cas. Car notre égérie républicaine, née au cœur de la fournaise révolutionnaire des années 1789, a succédé à des siècles de monarchie mérovingienne, carolingienne puis capétienne, sans oublier les deux Napoléon. Et notre belle République doit beaucoup à certains rois. Un héritage territorial mais aussi culturel, patrimonial, moral… Aussi, alors que Janvier va tirer sa révérence, permettez-moi quelques vœux … « royaux » pour notre pays. Soyez rassurés, je ne prêche pas le retour de la couronne et du drapeau blanc. Mais comme l’écrivit si bien Charles Péguy, « la République une et indivisible n’est-elle pas notre royaume de France ? » Je partage cet oxymore affectif, ironique et à la pertinence historique. Puisse donc cette nouvelle année, après l’annus horribilis que fut 2024, nous faire espérer une Renaissance, à l’image du temps de François Ier, le plus grand de nos souverains par la taille. Une renaissance, peut-être même une résurrection, n’en a-t-on pas vécu une merveilleuse voici un mois avec Notre-Dame ? Mais cette Renaissance ne sera possible sans une conscience claire et assumée de ce qu’est notre identité. Pour savoir où l’on va, mieux vaut savoir d’où l’on vient. Notre vieux pays d’un vieux continent est ainsi riche, et même richissime, de son passé chrétien illustré par les 40 000 clochers, véritables boussoles de pierre, qui carillonnent dans nos âmes et orientent nos pas. Ce flambeau chrétien allumé par Clovis, le premier de nos Louis, voici plus de 1500 ans. Je nous souhaite d’être fiers de nos pères, de ces racines judéo-chrétiennes auxquelles nous devons tant. Oui, la France est aujourd’hui une République laïque, mais elle fut hier la fille aînée de l’église. L’oublier, c’est se condamner à s’égarer. Ne laissons donc pas le wokisme saccager notre culture, nos traditions. Sur les pas du Vert Galant, Henri IV, qui a tant parcouru l’Oise, de Verneuil à Compiègne en passant par Senlis, Clermont ou Crépy, je nous souhaite « point trop d’impôts ». Et « dans chaque chaumière, le dimanche la poule au pot ». En ce début du XVIIème siècle, on ne parlait pas de pouvoir d’achat. Mais le bon roi Henri était un précurseur pour la défense du niveau de vie de son peuple. Avec Louis IX, notre Saint Louis, je nous souhaite plus de justice. Justice sociale, justice fiscale, justice pénale. Si elle n’est plus rendue sous un chêne, elle n’est pas moins indispensable à notre société. Que le voyou soit puissant ou misérable, il doit craindre le glaive et la balance de Thémis. Ce n’est plus le cas. Je nous souhaite aussi une école régénérée, fortifiée, exigeante, méritocratique (j’ose le dire !), qui vise l’excellence, à l’instar des écoles capitulaires imposées par Charlemagne sans lesquelles l’empire n’aurait pas été si bien administré. Un pays fort et solide est un pays où l’école est un temple du savoir, du respect et de l’autorité des professeurs. Un pays où l’école assume l’instruction et où les parents, la famille sont responsables de l’éducation. Nous avons besoin aussi d’une Nation sérénisée, sécurisée. Dieu sait que la France a traversé bien des épreuves au cours de son histoire et qu’elle a su les surmonter grâce au courage de son peuple. Mais aussi grâce à la volonté de certains de nos gouvernants qui ont mis au pas les menaces extérieures et intérieures. Et je pense à un souverain trop méconnu, Philippe II, dit Philippe Auguste, vainqueur des Anglais et des Impériaux à Bouvines en 1214. N’oublions jamais que le pacte social repose d’abord sur la sécurité. Un peuple n’accepte l’autorité d’un Etat que s’il le protège. Enfin, sans arrogance ni outrecuidance, je souhaite à la France de retrouver sa grandeur. Car, comme l’a dit Charles de Gaulle et comme l’a incarné Louis Le Grand, Louis XIV, la France ne peut être la France sans la grandeur. Cette France, « mère des arts, des armes et des lois », que nous avons tous dans nos cœurs et dont le rayonnement passe par le dynamisme économique mais aussi l’audace et la force culturelles. Après cette année 2024 où tant de serpents ont sifflé sur nos têtes, Puisse notre France sacrée, qui a si souvent scintillé par le passé, conserver Splendeur et Sémillance.

Qui sème l’esprit récolte la magie
Ce paysage idyllique de l’Invitation au Voyage de Charles Baudelaire, n’est malheureusement pas celui du monde d’aujourd’hui. Car notre planète saigne et souffre, pleure et panse ses plaies. Encore et toujours. Entre les chaos du Proche-Orient, de l’Ukraine et du Soudan, la barbarie est de retour, furie arrogante et sanguinaire, sans pitié et sans scrupule. Nous avait-elle seulement quittés ? Certes, la planète n’est plus un bûcher incandescent, sacrifiant ses fils par dizaines de millions comme au siècle dernier, lors des deux premiers conflits mondiaux. Mais la sagesse retrouvée des Hommes, à laquelle on rêvait naïvement, des tribunes de l’ONU aux bancs de Notre-Dame, semble bien fragile. Car l’Homme est à l’image du Dieu Janus, avec ses deux visages. Celui froid du prédateur brutal, de l’instinct triomphant, et celui chaleureux de l’humanité bienveillante, tolérante, accueillante. Et même là où la paix est proclamée, la violence parade, bivouaque et prend ses quartiers. Cyniquement, méthodiquement. C’est ainsi que notre douce France est gangrénée par les narcotrafics. Ce cher pays de notre enfance n’est plus guère bercé de tendres insouciances. Kalachnikovs et héroïne, caïd, mafia, économie souterraine et lames canines imposent leur loi, saccageant des pans entiers de notre jeunesse et de nos cités. Triste panorama, non sans espoir cependant. Parce que l’inlassable duel du bien et du mal ne voit pas toujours le démon terrasser l’ange, Dieu merci ! L’espérance doit-elle disparaître ? Certainement pas. A l’aune de cette pensée de Napoléon qui mérite d’être méditée : « Il n’y a que deux puissances au monde, le sabre et l’esprit ; à la longue, le sabre est toujours vaincu par l’esprit ». L’examen patient, ou même un survol rêveur, du grand livre de la postérité confirme d’ailleurs cette vérité révélée par l’ogre de Corse, l’un des plus grands guerriers de l’Histoire : la magie de l’esprit, de l’idée, de la création surpasse bien souvent la force des armes. Et c’est ainsi que sur le monument aux gloires de l’Humanité sont gravés bien plus de noms d’artistes que de conquérants. Évidemment, parmi les plus prestigieux appelés au Panthéon universel, trônent ceux dont le glaive a fait la renommée : Alexandre, César, Charlemagne, Napoléon, Charles de Gaulle ou encore la comète fulgurante Jeanne d’Arc. Mais ils sont accompagnés, entourés et même noyés sous le nombre de ceux qui ont brillé par l’esprit, la parole, la plume ou le pinceau : Jésus, Confucius, Vinci, Hugo, Baudelaire, Dali, Michel-Ange, Rodin, Fritz Lang… Le bras de fer entre le muscle et le génie finit toujours à l’avantage du second. Napoléon avait raison. A l’auréole éphémère du vainqueur militaire ou du monarque tout-puissant répondent les lauriers éternels de l’artiste, aux œuvres immortelles. Si Chronos érode jusqu’à la poussière les statues de bien des généraux et gouvernants jadis adulés, le sablier du temps a peu de prise sur l’orfèvrerie du génie et les chefs d’œuvre de l’art. Peu importe la race, la religion, la nationalité de l’artiste et de ceux qui découvrent ses œuvres. Car l’art est l’un des rares langages universels. Peut-être même le seul. C’est d’ailleurs là toute sa magie, ce pouvoir de réveiller la force d’évasion qui sommeille dans nos âmes. La beauté et l’émotion traversent les frontières, les continents et même les siècles. Ainsi, en cette aube de XXIème siècle, partout sur la planète, on continue à rêver aux récits d’Homère, aux sculptures de Phidias, aux mélodies de Mozart, aux toiles de Botticelli, ou aux films de Chaplin… L’art n’est-il pas finalement le plus merveilleux cadeau des dieux, adoubant l’homme créateur et semeur d’esprit ? Cultivons donc ces roseraies des âmes. Qui sème des graines de beauté et de bonté fait éclore des fleurs de félicité et de fraternité. Une pousse d’art donne si rarement des fleurs du mal. Légende des images 1 Tête de lion par Rosa Bonheur - 2 Le Penseur d’Auguste Rodin - 3 Victor Hugo par Léon Bonnat 4 Partition de Mozart - 5 Un ange - 6 La Scapigliata de Léonard de Vinci 7 Arthur Rimbaud - 8 Rêverie d’Alphonse Mucha - 9 Buste d’Aristote 10 Le Sacré Coeur de Jésus par Salvador Dali - 11 Marie Curie - 12 Femme dans un jardin de Frederick Carl Frieseke

Notre-Dame de Paris
Notre racine, notre fierté, notre lumière Samedi au crépuscule, Notre-Dame de Paris, Notre-Dame de France a retrouvé vie et joie. Et le monde entier n’avait d’yeux que pour elle. Une renaissance somptueuse après un si violent martyr, voici cinq ans et demi. Sauvée des flammes par des pompiers héroïques, ressuscitée par des compagnons et artisans aux doigts magiques, ce joyau de notre patrimoine, merveilleuse offrande de la foi et du savoir-faire de nos pères, rayonne à nouveau, fidèle ange-gardien des Parisiens et des Français depuis près d’un millénaire. Bien plus qu’une majestueuse cathédrale, Notre-Dame est une de nos plus belles racines, une part profonde et éternelle de notre identité, symbole de la foi et de la force qui a guidé nos ancêtres. Là pour rappeler que notre république laïque a succédé à une monarchie chrétienne vieille de près de 15 siècles, et que l’Histoire d’une Nation ne s’efface jamais, palimpseste de pierre et talisman de lumière. Oui, le territoire de la France, « fille aînée » de l’Eglise, est pétri de traces et d’empreintes de cette croyance qui a animé nos aïeux, qu’il s’agisse du blanc manteau d’églises, mais aussi de tous les calvaires qui orientent nos campagnes. Sans oublier notre calendrier et notre toponymie, nous rappelant quotidiennement ces sources bibliques. Saint-Jean aux Bois, Montagny Sainte Félicité, Béthisy-Saint-Pierre, Villers sous Saint Leu, Liancourt-Saint-Pierre, Saint Germer de Fly, Abbeville Saint Lucien… toutes nos routes mènent à un Saint ! Car Marianne est fille de Marie Marianne est donc fille de Marie, et la République a quelque parenté avec la Chrétienté. Les messages du Christ, « Aimez-vous les uns, les autres », et celui du bréviaire républicain, « Aidez-vous les uns, les autres », ne sont-ils pas complémentaires ? Si les vieilles querelles de la Révolution et de la loi de 1905 ont aussi imprimé leurs marques fondatrices sur le curriculum-vitae de la nation française, la sagesse doit nous permettre de les dépasser et de concilier harmonieusement laïcité et spiritualité. Tant que les sphères politiques et religieuses ne s’entrelacent pas, puisque le roi de droit divin a disparu au profit du peuple souverain ! N’oublions pas que nous avons tous, même inconsciemment, un vital besoin de spiritualité. Si nos insatiables appétits matériels ne rencontrent jamais une oasis de foi, de méditation, d’espoir, ils ne peuvent que s’égarer dans un désert où l’homme aura perdu l’âme, robotisé en un consommateur éternellement envieux et insatisfait… Mère de France, fierté nationale et lumière tricolore, Notre-Dame continuera à nous guider. Demain comme hier.

Quand le pays de Molière devient celui de Tartuffe
On évoque parfois l’exception culturelle française. Avec fierté ! Cette France, « mère des arts, des armes et des lois », chère à Joachim du Bellay. Cette France dont le drapeau tricolore, ainsi que les plumes les plus fertiles, ont fait le tour du monde, pour reprendre Lamartine, essaimant non seulement ses idéaux de Liberté, d’Égalité et de Fraternité, mais aussi ses poèmes et sa prose, ses héros, ses ciels faits de rose et de bleu mystique. Cette France, rebelle et fière, qui de Rabelais à Molière, du roman de Renard aux fables de la Fontaine, des caricatures de Daumier aux pamphlets de Béranger, a toujours su railler les grands et leurs courtisans. Or cette France de Jean-Baptiste Poquelin, de l’insolence et de l’irrévérence, des répliques piquantes et retentissantes, qui bousculait les dogmes et moquait les Princes, se meurt. Car les « faux dévots » que le célèbre dramaturge inculpait si malicieusement n’ont jamais été aussi puissants. Dans la France d’aujourd’hui, du politiquement correct et du wokisme, Tartuffe règne en maître ! Ainsi, au cœur du berceau des Lumières, de nouveaux inquisiteurs, ayatollahs haineux à la morale sélective, manient à la chaîne l’anathème et la guillotine médiatique. Au nom de la lutte contre tous les racismes, sexismes et autres discriminations, ils bannissent, réécrivent l’histoire, condamnent post-mortem. La rééducation intellectuelle est en marche. Notre culture, notre passé, notre vocabulaire sont désormais sous surveillance, victimes de ce nouveau totalitarisme, la religion de la déconstruction. Non à Barbie, oui au hijab... Ainsi, ces néo-obscurantistes vouent Colbert et son code noir, Walt Disney et sa Blanche-Neige trop pâle, aux gémonies. Traquant l’injustice dans ses moindres recoins, ils clouent au pilori le « travail au noir », expression colonialiste ou même esclavagiste. Dénonçant l’hégémonisme blanc et occidental d’hier, ils imposent une Anne Boleyn de couleur à l’écran. Peu importe si cette reine anglaise avait la peau claire… Au diable la réalité historique ! Toujours à la pointe du combat, les ligues de vertu néo-féministes dénoncent le « patriarcat blanc » mais se couchent face au « patriarcat islamique » ; elles s’offusquent des jouets « genrés », mais pas du voilement des fillettes en France ou en Afghanistan. Non à Barbie, mais oui au Hijab ! Même la nature n’a qu’à bien se tenir, voici venir les hommes enceints ! Quant à la loi, c’est un outil précieux au service des déconstructeurs, avec cependant quelques échecs aussi comiques que cinglants, comme cette proposition de loi « visant à reconnaître et sanctionner la discrimination capillaire » que la sagesse des sénateurs a rapatrié dans les tiroirs qu’elle n’aurait pas dû quitter. D’aucuns diront que la caricature ne tue pas, rendront « femmage » aux tirades bouffonnes des grandes prêtresses vertes et lfistes, précieuses ridicules qu’aurait adoré Michel Audiard. Peut-être. Mais méfions-nous quand-même de ce vandalisme qui rêve de saccager notre panthéon culturel et historique, de cette bienpensance qui cherche à nous étrangler du nœud coulant de son hypocrisie. Refusons cette véritable tyrannie d’une minorité qui s’exerce aujourd’hui contre la majorité silencieuse. Et pour retrouver un débat public rationnel et serein, pour libérer la culture, la création artistique et les sciences, pour être fidèles à l’héritage de Molière, remettons à notre tour les Tartuffe à leur place !
N'oublions pas les femmes afghanes !
Depuis la chute de Kaboul en août 2021, les femmes d’Afghanistan sont plongées dans un enfer quotidien sous le régime taliban. Privées de leurs droits les plus fondamentaux, elles sont désormais interdites d’éducation, de travail, de compétitions sportives, et de toute liberté de mouvement sans la présence d’un tuteur masculin. De nouvelles lois liberticides ont été promulguées en août 2024 par le « ministère de la Prévention du vice et de la Propagation de la vertu des Talibans ». Ces mesures oppressives, qui culminent avec la fermeture des salons de beauté, les mariages forcés et les violences de genre, témoignent d’une régression effrayante, qualifiée par les ONG « d’apartheid sexiste ». Pire encore, la lapidation publique des femmes est redevenue courante, plongeant l’Afghanistan dans une époque sombre où la vie d’une femme ne vaut rien. Face à ce drame, le silence est à la fois lâcheté et violence. Et c’est ce silence que nous observons avec une gravité glaçante ici, en France, où les mouvements féministes, si prompts à s’indigner pour d’autres causes, restent étrangement muets face à cette catastrophe. Comment se fait-il que celles qui s’élèvent avec tant de vigueur pour défendre le port du hijab ou de l’abaya, ferment les yeux sur les atrocités commises contre les Afghanes ? Où sont les voix françaises pour ces femmes, ces mères, ces filles, réduites à l’invisibilité sous un régime qui les nie jusque dans leur humanité ? L’ex-championne afghane de taekwondo, Marzieh Hamidi, réfugiée en France, a exprimé son incompréhension devant cette absence de soutien. Elle, qui a dû fuir son pays pour échapper à la barbarie talibane, voit avec tristesse que son combat n’est pas relayé, que l’indignation internationale s'estompe. Lapidations, apartheid sexiste, les femmes afghanes vivent un martyr. Et les féministes françaises gardent le silence. Ne détournons pas les yeux. Le sort des Afghanes ne peut pas être relégué à un simple fait divers lointain. Cette barbarie ne doit pas être tolérée, ni justifiée par la distance géographique ou culturelle. Si nous tolérons l’oppression quelque part, qui peut garantir qu’elle ne s’installera pas ici, chez nous, dans nos quartiers, nos écoles, nos institutions ? La liberté des femmes n’a aucune frontière, elle est universelle. Abandonner les Afghanes, c’est trahir cette universalité et céder face à l'obscurantisme. Soyons clairs : cela ne doit jamais arriver en France. Il n’est pas question de céder à l’indifférence ou au relativisme culturel. C’est un impératif moral et politique : défendre les droits de toutes les femmes. Ainsi, je soutiens sans réserve la proposition de résolution européenne présentée par Pascal Allizard, Vice-Président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées au Sénat, visant à prendre des mesures contre les atteintes aux droits fondamentaux des femmes en Afghanistan commises par le régime des Talibans ! N’oublions pas les Afghanes, ni leurs sœurs iraniennes. Leur souffrance, leur lutte, doivent être au cœur de notre solidarité. Ne laissons jamais un tel cauchemar s’installer dans notre République.
Lettre ouverte à Bruno Le Maire
« Non, Monsieur le Ministre, les élus de nos communes, départements et régions, ne sont pas des cigales écervelées !» Monsieur le Ministre, Voici quelques jours, vous avez fait vos adieux à votre palais de Bercy en y organisant une réception somptueuse après avoir stigmatisé les collectivités locales pour leur gestion. Vos récentes déclarations accusant les administrations territoriales de faire « dériver les comptes publics » ont soulevé l’indignation parmi les élus concernés. Une telle sortie rappelle certaines des fables de La Fontaine où les puissants se défaussent de leurs responsabilités sur ceux qui n’ont pas les moyens de se défendre. C’est un paradoxe étonnant : alors que les collectivités territoriales font preuve d’une résilience exemplaire, elles sont la cible privilégiée de vos accusations. Permettez-moi de vous rappeler la fable du Chêne et du Roseau. Depuis des années, face aux vents contraires des restrictions budgétaires, des baisses de dotations et de l’inflation, les collectivités plient, mais ne rompent pas. Elles sont ce roseau, humble et flexible, qui continue, en dépit de toutes les tempêtes, à assurer les services publics de proximité, à construire les écoles, entretenir les routes, soutenir les associations, accompagner les plus vulnérables… Bref, à rendre la France vivable, loin d’un État aveugle qui, lui, ressemble de plus en plus à ce chêne orgueilleux qui finit par tomber au premier coup de tonnerre. Les collectivités locales sont les fourmis, et non les cigales, que vous semblez décrire. Elles anticipent, épargnent, investissent à bon escient. Si l’État gérait ses finances avec la même rigueur que nos maires, présidents de département ou de région, la situation serait bien moins préoccupante. Quelques rappels chiffrés s’imposent ainsi : alors que la dette de l’Etat avoisine les 3 200 Milliards d’euros, celle des collectivités est inférieure à … 250 Milliards d’euros, soit à peine 8% de la dette publique ! Et quand on sait que le passif s’est accru de plus de 1 200 Milliards sous le règne de Bruno Le Maire, tandis que tous les états occidentaux ont vu leur dette et leur déficit se réduire depuis 2021, on ne peut qu’être sidéré : Bruno Le Maire, c‘est le cancre arrogant qui donne des leçons ! Bruno Le Maire, le cancre arrogant qui se voulait professeur Quelle est donc cette obsession pour les comptes des collectivités, si ce n’est la volonté de trouver un bouc-émissaire pour tenter de faire oublier ses propres erreurs ? Est-ce leur faute si l’État, de son côté, peine à maîtriser ses propres dépenses ? N’est-ce pas plutôt le gouvernement qui, à coups de politiques parfois hasardeuses et de transfert rampant de compétences, fait peser sur les épaules des élus locaux des responsabilités toujours plus lourdes sans les moyens adéquats ? Les collectivités ne sont pas des cigales insouciantes ; elles ne sont ni imprévoyantes, ni prodigues. Elles font ce qu’elles peuvent avec ce qu’elles ont, tout en respectant la règle de l’équilibre. Et si elles investissent, c’est pour répondre aux besoins immédiats de leurs administrés, pour assurer la continuité de services publics qui, sans elles, s’effondreraient. Le pacte entre le pouvoir central et les forces locales, est aujourd’hui en péril. Les élus locaux, comme le berger, œuvrent humblement, loin des feux de la rampe, pour préserver l’intérêt général. Et méfiez-vous, si vous persistez à les accabler et à détruire ce lien de confiance, ce ne sera pas le lion étatique qui s’en sortira, mais bien les collectivités qui, à la longue, cesseront de sauver la bête qui les piétine. Le risque, pour quelqu'un qui aspirait à la présidence de la République, c’est de vous trouver plus proche de Fouquet que de Colbert : isolé et en disgrâce. Les collectivités territoriales ne sont pas les ennemis de la République, elles en sont ses alliées les plus fidèles. À condition de ne pas les accabler de toutes les fautes. « On a souvent besoin d’un plus petit que soi » (La Fontaine, le Lion et le Rat )
De la magie du tricolore…
Alors que grisaille et morosité semblaient ancrées et même incrustées dans nos quotidiens, il a suffi d’un zéphyr olympique pour ramener, au moins pendant quinze jours, azur et soleil dans le cœur des Français. Avec leur feu d’artifice de médailles, leurs héros gagnants et souriants, leurs images de liesse populaire et de joie bon enfant, les J.O. sont apparus comme une trêve enchantée, une communion inattendue et salutaire, une bouffée de fierté et de bonne humeur, un baume régénérant et presque salvateur. Pendant deux semaines, les Français ont vibré, chanté, parfois même pleuré de joie, au rythme des exploits de Léon Marchand, Pauline Ferrand-Prévot, Teddy Riner, Manon Apithy-Brunet, Nicolas Gestin, Cassandre Beaugrand, de ses rugbymen et volleyeurs, et de tant d’autres, avec même un incroyable triplé au BMX. Les podiums s’enchaînaient, les Marseillaise se succédaient… La France qui gronde avait laissé place à la France qui gagne. C’était « la France en grand, la France ensemble », pour reprendre un slogan cher à Jacques Chirac. C’était beau, c’était bon. Pourtant ce n’était que du sport, diront certains. Les plus cyniques railleront le machiavélisme des patriciens d’aujourd’hui offrant au peuple ses « panem et circenses », l’ivresse d’un opium d’été pour mieux dompter la colère de la foule, la domestiquer, l’endormir…C’est qu’ils n’ont pas compris les vertus fédératrices du sport, cette capacité unique à sublimer le Vivre Ensemble, à incarner la force du collectif. Laissons donc ces Cassandre à leur fiel et savourons notre plaisir d’avoir vu ces soleils tricolores se lever, ce réveil du drapeau heureux. La France en grand, la France ensemble N'en doutons pas, cette féerie sportive estivale fera naître des vocations au sein de notre jeunesse ; piscines et dojos vont attirer. Elle aura aussi momentanément réconcilié notre peuple, si souvent tenté par les affres de la division. Et peut-être même réussira-t-elle ce miracle politique : redorer le blason de l’idée de Nation. Tandis que la mondialisation accélérée et la construction européenne, l’altermondialisme, les communautarismes et l’intelligentsia, maîtresse du politiquement correct, tendent à définir la Nation comme un concept dépassé et inadapté au XXIème siècle, ce merveilleux été 2024 a magistralement rappelé le trésor d’unité et d’énergie qui sommeille dans les plis du tissu tricolore. La Nation, une grande famille Oui, même du domaine de l’impalpable, Nation et patriotisme peuvent se révéler des alchimies formidablement positives et constructives. Loin d’être seulement une complexe construction historique, politique et sociale, la Nation dessine d’abord une identité, c’est-à-dire un passé mais aussi des valeurs revendiquées. Orfèvre minutieuse, elle forge le sentiment d’appartenir à une grande famille, la volonté de vivre ensemble et solidaires, malgré nos différences, qu’elles soient physiques, sociales, raciales ou religieuses. Dès lors l’idée de Nation implique pour ses membres d’accepter des principes de redistribution. Elle aboutit aussi logiquement à promouvoir la démocratie, le « peuple souverain ». Par nombre d’aspects, la Nation constitue donc un ciment précieux qu’il serait bien dangereux de vouer aux gémonies. S’il existe aujourd’hui dans la société française de dangereuses dérives communautaristes alimentées par d’indéniables difficultés sociales ou d’intégration, la Nation en tant que creuset et projet commun demeure la meilleure base de réponse. Encore faut-il que les « rebelles » ou « exclus » manifestent un désir de lier leur destin individuel à cette Nation française et qu’ils s’y sentent invités. Peut-être est-ce le moment ou jamais ? Une chance à saisir. La parenthèse olympique hier, paralympique demain, peut semer des germes de concorde, d’harmonie, de fraternité. La magie du tricolore existe. Nul ne peut le nier. À nous de la faire perdurer au-delà de l’écume de l’été. C’est une question de volonté, de fierté, de priorité.

Capharnaüm, éclipse et lumière ?
Quand la foudre tombe, l’éclair peut devenir flamme et tout embraser, surtout une République malade. Le 9 juin au soir, en annonçant de façon précipitée, irréfléchie et impulsive la dissolution, Emmanuel Macron a démontré une fois de plus que le costume présidentiel ne lui sied guère. Car il ne suffit pas de porter beau et de bien parler pour diriger les destinées d’un pays de 70 millions d’âmes à l’histoire millénaire. Pseudo-Jupiter devenu apprenti sorcier qui se rêvait maître d’un Nouveau Monde, il contemple désormais un champ de ruines fumantes : son bilan. Une société plus fracturée que jamais, entre communautarismes acérés et individualisme forcené. Un État moins régalien que jamais, ne protégeant plus et ayant abandonné des pans entiers du territoire. Une dette et un déficit plus abyssaux que jamais, noircissant l’avenir de nos enfants. Enfin un monarque républicain à l’hubris dévorante, isolé dans sa tour d’ivoire. Entre craintes et colères, les Français ont exprimé plus qu’un mécontentement : leur refus du déclin et de la désintégration d’une France qu’ils aiment, loin de la « start-up nation » branchée des bobos. Ceux qui connaissent le pays le savaient bien et, à la virgule près, les sondages l’avaient prédit ; ce n’est pas un vent mauvais qui souffle. C’est une tornade sans pitié. Avant le 9 juin régnait le capharnaüm. Désormais, c’est le chaos. Pompier pyromane, l’hôte de l’Élysée s’imagine en messie salvateur, croyant pouvoir réitérer le sursaut gaulliste de juin 68. Il va cependant découvrir les délices épicés de la version chiraquienne de la dissolution. Car la crédibilité du verbe macroniste n’est plus. Affirmer vouloir redonner la parole au peuple quand on a gouverné à coups de 49.3, de qui se moque-t-on ? Le miel est devenu fiel au gré des interventions télévisées et conférences de presse narcissiques. Ses propres candidats ont d’ailleurs exclu le Président de la République de leurs affiches pour tenter d’éviter le naufrage. Que va-t-il donc se passer ? Bien maline la diseuse de bonne aventure qui lira juste dans la boule de cristal fêlée de la vie politique française… Comme lors de toute campagne électorale, promesses sucrées et engagements solennels s’enchaînent. On va passer de l’ombre à la lumière. L’argent va ruisseler, le pouvoir d’achat subitement exploser. Magie des scrutins ! Le nouveau front populaire, c'est Noël en juillet et la banqueroute à l'automne Champion olympique de la démagogie, le Nouveau Front Populaire atteint de nouveaux records de populisme : Smic à 1600 euros, retraite à 60 ans, cantines bio et gratuites, revenu étudiant… Coût estimé, entre 250 et 300 milliards. Ce sera Noël en juillet et la banqueroute à l’automne. Car, certains l’oublient, nous vivons dans un pays où pèse une dette de 3000 milliards d’euros. Qu’à cela ne tienne, une solution et une seule : la taxation des superprofits et des plus riches. Sauf que nous sommes déjà les rois des prélèvements obligatoires. Ne dit-on pas que trop d’impôt tue l’impôt ? Fidèles à leur bon cœur moralisateur, les amis retrouvés de la gauche plurielle ouvrent grand les portes du pays aux immigrés et « déplacés climatiques ». Michel Rocard, reviens ! Et explique-leur que la France est certes généreuse, mais qu’elle ne peut accueillir toute la misère du monde ! Côté RN, après avoir beaucoup promis, jour après jour on revoit à la baisse les ambitions programmatiques. Retraites et baisse de la TVA sur les produits de première nécessité attendront donc un audit des finances publiques ! Triste fourberie de Marine ou éclair de lucidité de Jordan, pas besoin d’audit ! La commission des finances du Sénat ne cesse d’alerter sur les dérapages budgétaires et de publier des rapports précis et chiffrés présentant la bérézina financière de notre Etat. Tous les chiffres sont connus, et les baisses de prix miroitées par les sirènes frontistes apparaissent presque aussi déraisonnables que les délires économiques des cigales mélenchonistes sous amphétamines. Au moins s’en rendent-ils compte… Pour la future ex-majorité présidentielle, on promet de garder un cap dont les Français n’ont jamais compris où il menait. Et la campagne des macronistes s’avère un véritable chemin de croix, l’opprobre et le rejet de l’hôte de l’Elysée rejaillissant sur tous ceux qui osent encore porter ces couleurs. Enfin, le pathétique Ciotti a dynamité dans l’indignité une maison LR déjà bien mal en point. Tout est à terre et à reconstruire. Une seule solution à terme : la démission du Président A défaut de pronostic, quatre scénarii sont sur la table : le bien improbable miracle macroniste, le tsunami bleu marine, la remontée du front populaire ou une assemblée sans majorité absolue, donc fragile et peut-être même ingouvernable. Tout laisse à penser que la quatrième hypothèse s’imposera : une chambre des députés scindée en 3 blocs étanches qui se regarderont en chiens de faïence, avec quelques rescapés LR, courageux mais impuissants, condamnés à la solitude vertueuse ou à devenir des supplétifs misérables. La situation actuelle donc, mais en pire, car les Français exigent du changement. Sur le fond et la forme. Or notre pays ne peut pas se permettre de perdre 3 ans du fait d’un blocage institutionnel. Le statuquo serait volcanique, et l’éclipse mortifère. Viendra alors la seule possibilité constitutionnelle de séréniser la France, de la remettre en ordre et de lui offrir un horizon. Non plus une dissolution, mais une démission. Celle du Président de la République. Politique fiction ? Peut-être, mais la réalité ne ressemble-t-elle pas furieusement à une série télévisée à suspens dont on se serait bien passé ?

« Réinventons l’Europe »
Si l'histoire est une symphonie aux accents tragiques et triomphants, alors l'Europe est une partition singulière, marquée par des mouvements de guerre et des refrains d'unité. Au sein de ce vieux continent, les arpèges de la démocratie résonnent, mais ils sont souvent étouffés par le grondement des canons. L'Europe, c'est l'héritage de Goethe, Vivaldi et Voltaire mais c'est aussi le souvenir douloureux de Hitler et de Mussolini. L’Europe, c’est l’agora d’Athènes mais aussi Verdun et Auschwitz, un territoire où se croisent les stèles des victoires et les stigmates des conflits. Pourtant, au cœur de ces ténèbres, une lueur d'espoir a jailli. Un projet insensé, mais ô combien audacieux, a pris forme parmi les ruines. L'idée de transformer les ennemis d'hier en partenaires d'aujourd'hui, les rivalités séculaires en coopération fraternelle. C'est ainsi que l'Europe du marché a émergé des cendres de l'Europe des empires, tissant des liens économiques qui ont peu à peu donné naissance à une communauté d'intérêts et d'idéaux. Mais le chemin vers cette Europe unie et prospère n'a pas été sans embûches. Les critiques fusent, pointant du doigt une Union européenne souvent perçue comme lointaine, bureaucratique, et déconnectée des réalités quotidiennes des citoyens. Les maux sont nombreux : technocratie envahissante, déficit démocratique, concurrence déloyale entre États membres. Pourtant, au lieu de rejeter l'Europe, il est temps de la réinventer. Oui à une nouvelle Europe, ancrée sur des valeurs de solidarité, de démocratie, de prospérité partagée et de sécurité. Oui à une nouvelle Europe qui respecte l’identité et la souveraineté des Nations sans vouloir les toiser. Pour cela, quatre piliers doivent soutenir cette reconstruction européenne. Premièrement, la préférence européenne. Il est temps de vraiment protéger nos industries et nos travailleurs en instaurant des normes communes et en favorisant les échanges au sein de l'Union plutôt que de les laisser se noyer dans la concurrence mondiale déloyale. Les agriculteurs et pêcheurs français ne doivent pas être sacrifiés sur l'autel du libre-échange, ni les ouvriers condamnés à subir les contrecoups d'une mondialisation sans règles. Même les Etats-Unis, libéraux et pragmatiques, osent taxer certains produits importés lorsque leurs entreprises sont en péril ! Deuxièmement, l'harmonisation fiscale et sociale. L'Europe ne peut pas prospérer si certains États membres jouent sur les écarts de législation pour attirer les investisseurs à bas coût ou exploiter une main-d'œuvre bon marché. Aussi est-il urgent d'établir des règles communes en matière de fiscalité et de droits sociaux, afin de garantir à tous les citoyens européens des conditions de vie dignes et équitables. Troisièmement, la démocratisation des institutions européennes. Rendons la Commission européenne plus transparente et plus démocratique, en la dotant d'une légitimité renforcée par une plus grande responsabilité devant les citoyens et par un mode de désignation qui mette fin au copinage et à la courtisanerie. Les décisions qui affectent la vie de millions d'Européens ne peuvent plus être prises dans l'ombre des couloirs de Bruxelles. Enfin, Il faut défendre la civilisation européenne, pierre angulaire de l'Union. Alors que la Russie de Poutine a envahi l’Ukraine, que la puissance chinoise devient de plus en plus pressante, et que les États-Unis font face à des incertitudes politiques sérieuses, il est impératif de renforcer, à travers tout le continent européen, l'alliance solide que nous avons bâtie avec les autres États membres de l'Union européenne pour garantir la paix. Les menaces qui pèsent sur notre continent doivent faire de la défense européenne une réalité, même si les différences nationales ne sauraient être niées. Consolider l’Europe pour renforcer la France ! Le moment est venu de tourner une nouvelle page de l'histoire européenne. Le Brexit et les défis actuels sont autant d'opportunités de repenser notre projet commun, de le rendre plus juste et démocratique. Car l'Europe ne peut pas se permettre de rester figée dans le passé, prisonnière de ses divisions et de ses échecs. Le moment est venu de sortir de l’excès des normes, des charges et des contraintes afin de restaurer la valeur du travail, apporter notre soutien à l'agriculture, œuvrer à la reconstruction de notre industrie et défendre l'énergie nucléaire face à l'inflation des prix de l'énergie. Le moment est venu de nous efforcer à maîtriser nos frontières et réaffirmer les principes fondamentaux de notre civilisation. Comme le général de Gaulle l'a enseigné, l'Europe doit être utilisée comme un "levier d'Archimède" pour renforcer la puissance de la France dans le monde. Parce que l’on n’efface pas l’histoire, l’Europe ne peut avoir l’ambition de remplacer les Nations. L’Europe doit être au service de la France et des autres pays qui la composent. Certainement pas l’inverse. Le 9 juin, l'Europe peut et doit prendre un nouveau départ. Il est grand temps d’agir. C'est l'heure de réaffirmer notre engagement envers cette idée folle mais belle d'une Europe unie dans sa diversité, forte dans sa solidarité, garante de paix, et résolue dans sa marche vers l'avenir. Car c'est là que réside notre destin commun, en tant que citoyens d'une Europe qui reste à construire, jour après jour, note après note, dans le concert des nations. Olivier PACCAUD Sénateur de l’Oise

Terres d'Hist'Oise est de retour
Avec le printemps, et on l'espère les beaux jours, revient comme chaque année Terres d'Hist'Oise, mon magazine sénatorial destiné à mieux faire connaître nos trésors d'hier, sans oublier celles et ceux qui font avancer l'Oise d'aujourd'hui. D'ici au 14 juillet, je viendrai vous le déposer en mairie. Avec pourquoi pas l'occasion de vous croiser ! En attendant, et en guise d'apéritif, voici la couverture et l'éditorial. Car l'Oise est soie ! Car l’Oise est soie ! Clins d’œil spirituels dévoilant subtilement une vérité cachée tel le magicien sortant l’angora de son chapeau, les jeux de mots ne s’avèrent pas toujours futiles. Savez-vous donc quel est l’anagramme de notre belle Oise ? Soie. Or y-a-t ’il plus noble, plus doux, plus précieux et plus brillant textile que la soie ? Magique et ancestrale, cette fine étoffe née du suc de la chenille se métamorphosant en papillon est peut-être l’un des plus beaux cadeaux de la Nature à l’Homme. Car ces cocons de Lilliput, merveilleuses et minuscules chrysalides, cailloux blancs du petit Poucet devenu Marco Polo, symbolisent parfaitement cette longue et lente marche vers la beauté et la sérénité. L’envol de l’espoir. Oui, l’Oise est soie, un sublime rectangle de soierie constellée de joyaux de pierre, ses castels et ses cathédrales. Et c’est par un labeur millénaire et quotidien que les hommes ont su magnifier ce terroir généreux, entre rivières paisibles, forêts profondes, plaines fertiles et villages soignés. Cette patrie d’Hist’Oise, elle fut pendant plus d’un siècle, entre 1850 et 1970, une terre industrielle et une mère ouvrière, à l’ombre des cheminées des usines qui ont jailli soudainement, floraison de briques. On y a fabriqué des horloges, du papier peint, des éventails, des jouets, des allumettes, de la faïence sous toutes ses formes et même des lunettes et des automobiles. Là des brosseries, des carrières, des brosseries, des sucreries, ici une blanchisserie, une orfèvrerie, une ganterie, une clouterie, multiples ruches où hommes, femmes et enfants trimaient 10 ou 12 heures par jour. Avec un savoir-faire admirable. Avec des joies et des peines. Avec des colères, des grèves retentissantes. C’était l’Oise d’hier. Il ne reste plus grand-chose de ce tapis d’ateliers et de manufactures qui s’étalait entre villes et campagnes, d’Auneuil à Ferrières, de Janville à Saint-Just des Marais, de Saintines à Méru, de Creil à Ercuis… Demeurent cependant une histoire, une fierté, des souvenirs, un beau musée nacré, et quelques survivants qui résistent : l’horlogerie Huchez, les gants Maille, l’orfèvrerie d’Ercuis, les pierres de Saint Maximin, les carreaux de Ponchon… Bonne lecture, bon voyage Et surtout vive l’Oise !

L’aéroport de Tillé, Aujourd’hui, un atout pour le territoire. Mais demain… ?
Il est des décisions majeures, essentielles, cruciales pour l’avenir d’un territoire, son développement économique, la qualité de vie de ses habitants, l’évolution du cadre de vie, l’environnement. C’est ainsi que le choix fait lundi 29 avril par le SMABT (Syndicat Mixte de l’Aéroport de Beauvais-Tillé) va conditionner le futur du Beauvaisis et de toute une partie de l’Oise, non pas pour 1 ou 2 ans, mais pour plusieurs décennies. Au moins jusqu’en 2050. Or si certaines alternatives sont réversibles, d’autres le sont très difficilement, même avec des clauses de « revoyure ». Et dans le cas présent, il n’y aura plus de marche arrière possible. Le SMBAT s’est ainsi prononcé sur le développement de la plateforme aéroportuaire de Tillé en confiant ses rênes pour 30 ans à un consortium mené par les sociétés Bouygues et Egis. Avec le projet affirmé des nouveaux délégataires de moderniser l’infrastructure et d’y accroître fortement l’activité ce qui est bien logique; on n’investit pas des sommes colossales dans un aéroport sans en attendre un « substantiel » retour sur investissement. Cet aéroport, c’est aujourd’hui un incontestable atout pour le Beauvaisis. Cela ne doit pas en devenir un handicap. Nous connaissons tous ses vertus économiques en termes de création de richesses et d’emplois, directs ou indirects. Et nous ne pouvons que nous en réjouir pour celles et ceux qui ont trouvé du travail grâce à l’aéroport. Mais nous savons aussi qu’il peut générer des nuisances notamment sonores, et que cela peut avoir un impact considérable pour la qualité de vie non seulement des riverains de Tillé, mais aussi des Oisiens situés dans les couloirs ou trajectoires, non pas officielles, mais réelles, des avions. Et personne ne peut nier les conséquences environnementales et même médicales (voir la récente étude sur les communes aux alentours de Roissy où l’espérance de vie est plus basse qu’ailleurs en France) du trafic aérien. Ni son influence sur la valeur de l’immobilier. Il était donc souhaitable de trouver le point d’équilibre qui permette de concilier l’activité économique, le bien-être des habitants concernés et le respect du cadre de vie. Trouver l’équation du fameux « développement maîtrisé et raisonné» ! Mais derrière cette expression rassurante, qu’entend-on ? Une hausse du trafic de 10 % ? 30 % ? 50 % ? Plus ?! Entre + 30% et 45 % d’activité, est-ce un développement maîtrisé ? Quelle est la situation actuelle ? Nous avons les chiffres précis : 5,6 millions de passagers en 2023 pour un peu plus de 32 000 « mouvements » aériens. Avec une très bonne santé économique de l’aéroport. A tel point que le jour même où le SMABT se réunissait pour choisir son délégataire, on annonçait une prime de plusieurs milliers d’euros pour les employés. Tant mieux pour eux. L’aéroport est donc une poule aux œufs d’or. Mais ce tableau financier idyllique ne saurait masquer le malaise et le mécontentement liés au trafic. Depuis près de deux ans, les trajectoires des aéronefs n’ont cessé de se déporter. Et maintenant, c'est près d’une trentaine de communes qui est survolée quasi-quotidiennement alors qu’auparavant, les nuisances n’en concernaient qu’une dizaine. Quelle sera la situation demain ? Le nouvel exploitant va investir pour pouvoir doper son activité avec des prévisions très précises : 45 000 mouvements dès 2034 et 50 000 dès 2040. Ces chiffres ont été donnés en séance publique hier. C’est-à-dire + 30 % d’activités en 10 ans et 45 % en 15 ans ; Le SMABT aura cependant la possibilité de limiter la hausse à 45 000 mouvements. Mais l’objectif final de Bouygues-Egis est de 53 000 mouvements en 2054. Aucune étude d’impact, aucun problème actuel résolu… Si on peut comprendre la volonté du SMABT d’exploiter le filon précieux de l’aéroport, on peut cependant regretter qu’aucune étude d’impact n’ait été réalisée et même commanditée. Quelles vont être les conséquences de ce développement important des activités aériennes et aéroportuaires ? En termes économiques mais aussi environnemental ? En matière de valeurs immobilières et de santé publique ? Le territoire peut-il vraiment absorber une si forte croissance sans un grave préjudice ? La poule aux œufs d’or ne risque-t-elle pas l’indigestion ? On ne peut aussi que déplorer que les problèmes actuels (nuisances permanentes – parkings sauvages, incivilités – dans Tillé et les communes alentours, trajectoires des avions totalement anarchiques qui polluent désormais une vingtaine de communes qui ont délibéré pour exprimer leur mécontentement) n’aient pas été résolus avant de passer à une phase suivante. + 30% et même plus 45 %, est-ce cela un « développement maîtrisé » ? A vous d’en juger. La sagesse aurait été de surseoir à une décision aussi importante alors que tant d’interrogations et de problématiques subsistent. Membre suppléant du SMABT, je n’ai pas eu le droit de voter lors de cette délibération, mais je me suis exprimé très clairement. La titulaire, ma binôme, Anne Fumery, a, elle, voté contre, comme le maire de Tillé, Catherine Martin, et celui de Therdonne, Martial Duflot. 8 élus ont voté pour, et un s’est abstenu. L’art de la politique est de rendre possible ce qui est souhaitable. Le développement économique est évidement souhaitable tout comme la préservation de la qualité de vie, de l’environnement et de la santé. Espérons que l’avenir verra ces aspirations se réaliser conjointement autour de l’aéroport et ne pas s’opposer… Il est cependant permis de se poser des questions et de ne jamais oublier l’adage latin : « In medio stat virtus ». La justesse se trouve toujours dans le juste milieu.

Pas de pays sans paysans !
Il n’y a pas de sot métier, dit le dicton. Mais certaines professions ont une importance singulière. D’abord parce qu’elles sont vitales. C’est évidemment le cas de l’agriculture. Le plus vieux métier du monde, celui qui a scellé le socle de notre civilisation. Qui a fait de l’Homme un sédentaire et non plus un chasseur nomade à la poursuite du gibier. En domestiquant certains animaux, en comprenant et maîtrisant les cycles de la nature, de Germinal à Messidor, et en pouvant régulièrement se procurer sa nourriture au même endroit, l’homme devenu paysan a créé les premiers villages. Puis les villes. Ce mot, paysan, montre d’ailleurs l’importance, la profondeur du lien charnel qui unit les Hommes de la terre et le sol où ils vivent et travaillent. Pas de pays sans paysans ! Ce vieux slogan syndical n’est pas qu’une lapalissade. Car nos agriculteurs portent depuis la nuit des temps cette mission nourricière. Et même si la France d’Ancien Régime a connu maintes disettes et famines, la fertilité de nos terroirs, nos climats tempérés, ainsi que le courage, le savoir-faire, le labeur de nos agriculteurs, furent une des bases de la prospérité, de la puissance du royaume de France. Personne mieux que Sully, le rigoureux ministre d’Henri IV, ne l’a ainsi exprimé : « labourage et pâturage sont les deux mamelles dont est alimentée la France et les vrais mines et trésors du Pérou ». Pendant des millénaires, l’immense majorité des hommes en firent leur unique activité. Et rarissimes sont les arbres généalogiques de familles françaises sans racines agricoles. Aujourd’hui encore, dans la plupart des pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, les hommes sont avant tout des paysans. Chez nous, l’agriculture s’est métamorphosée. Les machines, les engrais, les techniques, sans oublier le développement des échanges avec le bout du monde, ont abouti à une baisse très importante du nombre d’agriculteurs et d’éleveurs. Mais, même peu nombreux, nos paysans continuent à jouer un rôle clé dans notre société. En effet, ils nous nourrissent, créent et maintiennent des emplois, évitent la désertification de notre ruralité, entretiennent les paysages… Il ne faudrait pas l’oublier. Sans agriculture, la France n’est plus la France Pour qualifier la richesse procurée par notre agriculture, on avait inventé une expression dans les années 1970, le « pétrole vert », désormais passée de mode, comme si une partie de nos élites avait oublié ce formidable atout national. Il fut pourtant un temps, pas si lointain, où notre pays comme le reste de l’Europe d’ailleurs, n’était pas autosuffisant au niveau alimentaire. C’est pour cela qu’est née la fameuse Politique Agricole Commune (PAC) dans les années 1960, avec rapidement des résultats exceptionnels en matière de rendement. La France est ainsi devenue un des premiers producteurs mais aussi exportateurs mondiaux. Aujourd’hui, notre agriculture sait allier productivité, qualité et variété. Cependant, un profond malaise et une colère longtemps contenue explosent dans nos campagnes. Assommés de contraintes administratives, concurrencés déloyalement par des produits venus d’ailleurs sans respecter les normes environnementales et sanitaires imposées en France, subissant une inflation incessante, « fliqués » par une administration agressive et inquisitoriale, les agriculteurs crient à la fois « assez » et « à l’aide » ! Au regard de cette détresse paysanne illustrée par les si nombreux suicides de chefs d’exploitation et de la dégradation régulière de notre balance commerciale agricole, il est plus que temps, pour reprendre l’expression de Georges Pompidou « d’arrêter d’emmerder » les cultivateurs et les éleveurs. Et surtout de les soutenir. Du « pétrole vert » à la non-assistance à agriculteurs en danger… Il en va de notre sécurité alimentaire, de notre indépendance, de la survie de notre ruralité. Quand on sait que les charges, la fiscalité, les normes environnementales européennes mais aussi françaises, sans oublier certains traités internationaux ont abouti à multiplier les importations de poulet, viande ovine et bovine, fruits et légumes, produits laitiers, on peut parler de non-assistance à agriculteurs en danger. Le bon sens a été guillotiné au nom d’un libre-échange destructeur et d’une écologie schizophrène. Comment accepter les diktats des ayatollahs verts et des salonards de Bruxelles ou de Paris qui aboutissent à faire venir des volailles de l’autre côté du globe avec un bilan carbone désastreux et des conséquences dramatiques pour nos propres éleveurs ? Le récent rapport sénatorial sur la Ferme France a ainsi démontré que les seules classes aisées pouvaient se permettre d’acheter des produits agricoles français « haut de gamme », alors que les milieux modestes ne pouvaient consommer que des produits « premiers prix » de mauvaise qualité et importés. « Pas de pays sans paysans » ne serait-elle finalement pas une devise d’avenir ? Car, non seulement il faudra toujours et même encore plus nourrir l’humanité, mais aussi parce que la recherche et le progrès offrent avec les « agros-ressources » d’autres perspectives pour nos exploitants. Sauvons nos agriculteurs, pour continuer à nous nourrir, à nous fournir des produits de qualité et à faire vivre nos campagnes. Nous avons besoin d’eux. Lors de sa récente conférence de presse, le Président de la République a exprimé un vœu : que la France reste la France. Sans agriculteurs, la France ne sera plus la France.

Voyage en Terre Sainte devenue maudite
Il est des périples qui marquent, bouleversent, transforment. Tel fut mon cas voici quelques heures, de Tel Aviv à la lisière de la bande de Gaza, de Sdérot à la vieille ville de Jérusalem. Ce Proche-Orient mythique où la poussière est plus riche d’âme et d’Histoire que partout ailleurs. Ce berceau de civilisation où le monothéisme a germé, fleuri. Cette terre promise au-delà du Jourdain où devrait couler le lait et le miel, d’après la Bible, mais où affleure et suinte aujourd’hui un magma de fiel incandescent entre des flaques de malheur et de rancœur. Cette terre sainte devenue maudite et martyre. Où la loi du Talion règne en despote, où l’amnistie semble bannie, où le sang appelle toujours le sang. Œil pour œil, haine pour haine. Le 7 octobre, à l’aube, le raid barbare et démoniaque de 3000 fous du diable terroristes du Hamas suivis d’une horde de charognards pilleurs et violeurs a foudroyé Israël : 29 kibboutz ou villages attaqués, autant d’Oradour en Israël, plus de 1400 morts dans des circonstances atroces et inhumaines, 250 otages raflés au mépris de toutes les lois de la guerre, de la morale et de l’humanité. Un geyser de Shoah, un pogrom titanesque où nul n’a trouvé grâce aux yeux des bourreaux ; nouveau-nés, enfants, femmes, vieillards, chiens… massacrés, éventrés, brulés, décapités, démembrés… Une plongée dans les ténèbres jusqu’où l’Homme peut perdre l’âme. Pas de paix possible sans disparition du Hamas À cette déclaration de guerre djihadiste, à ce tsunami sanglant soigneusement préparé, a répondu un déluge de feu inédit. Tsahal, l’armée israélienne, a répliqué avec un objectif clair et affirmé : mettre hors d’état de nuire le Hamas, incarnation diabolique du nazislamisme. Une volonté inévitable et légitime quand on sait que le Hamas refuse de reconnaître Israël et a juré sa perte. Si en 1945, la paix avec l’Allemagne ne fut possible qu’une fois l’Etat nazi éradiqué, la concorde et la réconciliation entre Israéliens et Palestiniens impliquent la disparition préalable du Hamas. Le premier devoir d’un Etat n’est-il pas de sécuriser son peuple ? On assiste donc à un pilonnage, un ratissage méticuleux, mètre par mètre, maison par maison, et surtout tunnel par tunnel, pour déraciner jusqu’aux graines de ce mal absolu cultivé à Gaza. Et de nombreux civils innocents le paient de leur vie. Car une guerre tue. Il n’y pleut jamais des pétales de roses. Certains, oubliant qu’Israël n’a pas déclenché les hostilités mais contre-attaqué, lui reprochent sa main de fer. Mais si cette réaction est implacable, c’est que les fils de David n’ont plus le choix. Après s’être retiré de la bande de Gaza en 2005 conformément aux accords d’Oslo et y avoir laissé les Palestiniens s’y organiser, l’État juif a ainsi vu le Hamas y prendre le pouvoir en défenestrant ses rivaux du Fatah, formater l’esprit des écoliers dans la haine des Juifs et de l’Occident, « fonctionnariser » ses terroristes en les rémunérant, eux et leurs familles, quand ils sont en prison ou morts en mission, détourner consciencieusement les centaines de millions d’euros d’aides occidentales pour mieux se bunkeriser dans une galaxie souterraine et s’armer… Menacé aussi au Nord sur sa frontière libanaise par le Hezbollah, sans compter les foyers de tension en Cisjordanie, la furie antisémite des Houthis au Yémen et le grand Satan iranien, marionnettiste des terroristes, Israël fait front comme en 1948, en 1967 et 1973, lors des guerres d’Indépendance, des Six Jours et du Kippour. Tout en pensant au jour d’après. A nous aussi, Européens, d’y réfléchir, car nous sommes concernés. Même à 3500 kilomètres de distance. Le 7 octobre, c’est le djihad qui a repris contre Israël et l’Occident Car le Hamas n’est qu’une autre tête maléfique de l’hydre totalitaire djihadiste à côté de Daesh et Al Qaïda. Et le 7 octobre est un jour noir de plus, après le 11 septembre et les Twin Towers, le 13 novembre et le Bataclan, dans la guerre de civilisation menée par l’Islam radical contre l’Occident et ses valeurs. Oui, Israël est une démocratie. C’est d’ailleurs la seule oasis de droit et de liberté dans cette aire géographique. Et c’est aussi pour cela qu’elle est une cible, un bouc-émissaire qui porte en plus sa toison sémite, circonstance aggravante suprême. L’Histoire nous enseigne qu’il est parfois plus dur de faire triompher la paix que de gagner la guerre. Le cataclysme de 39-45 trouve ainsi sa source dans les failles du traité de Versailles. Cette paix levantine tant attendue ne pourra être forgée du seul feu des armes. L’encre de la diplomatie, le dialogue, le respect de la parole donnée, la cohabitation de deux Etats, israélien et palestinien, voisins et unis par une reconnaissance commune, devront parachever l’heure des combats pour tenter de paver un avenir sans roquettes, ni gilets pare-balles. Conscience contre violence, et que les faucons laissent place aux colombes, tel est le défi. Est-ce vraiment possible ? De l’utopie de papier à la réalité de chair, le doute s’impose et le scepticisme parade. Après la nuit et ses cauchemars, le soleil se lèvera. Pourvu que ce soit au son des chants d’espoir plutôt que sur d’arides champs de ruines. Puisse la paix être gravée. Mais certainement pas au prix de nos valeurs. Shalom. NB : N’oublions pas que parmi les martyrs du 7 octobre figurent 41 franco-israéliens. Et 3 des nôtres sont encore otages.

2024, A chacun son acropole !
L’essentiel, c’est de participer, dit-on Par le solfège du temps, le son du gong approche Le nouvel an est là, en facétieux Gavroche Et si douze mois joyeux tressaient ce marathon ? Cette année Olympique sera-t-elle fantastique ? Au moins soit-elle apaisée, sans chrysanthèmes, tapie de roses Qu’on y sème de l’or, que le tricolore ose ! Loin des récifs des egos, et de l’arrogance médiatique. Puissent le grondement des canons s’évanouir La joie, la liesse des foules s’épanouir Il est temps de brandir la coupe et non les armes Il est temps de verser le vin de paix et non les larmes. Rêvons de triomphes, de podiums, de victoires D’improbables médailles et d’incroyables histoires De matchs héroïques, de défaites glorieuses De records épiques, d’équipes radieuses. Plus vite, plus haut, plus fort ! Sur tous les champs de course plutôt que de bataille Sur tous les stades où braille une satanée marmaille Que le meilleur gagne, et que vive le sport ! Chacun sa chimère, chacun son acropole Mais qu’au final, l’esprit des Jeux rassemble Place à la communion des Nations, l’heure est si rare, sans monopole L’essentiel, c’est d’être heureux, utile et ensemble
Des trois petits cochons à Diane au bain
Quand le totalitarisme islamique sort du bois des ténèbres… On pourrait en rire. Ou peut-être en pleurer. Plutôt faudrait-il s’en inquiéter. S’en insurger. Après ce fait divers, la semaine dernière, une professeur de Français stigmatisée par certains élèves et leurs parents pour avoir présenté en classe un tableau mythologique d’une Diane et ses nymphes dénudées. Un incident tout sauf anecdotique qui en dit long sur la crue de la lèpre spirituelle qui s’est insidieusement installée dans notre société. Comme les trois petits cochons de la fable, embastillés ou métamorphosés en chiens, pour ne pas déplaire à quelques élèves musulmans. La France n’est pas la seule touchée par cet « avant-Djihad » culturel. Le Royaume-Uni et d’autres Etats occidentaux subissent aussi cette offensive d’une censure islamiste qui avance à visage découvert. Aucune burka sur Marianne, ou sur les chefs-d’œuvre de notre Panthéon artistique. Au nom d’Allah et de la parole d’un prophète, faudrait-il donc voiler, cacher, nier tout un pan de notre culture ? S’amputer d’une part de notre identité ? Renoncer à ces champs d’imaginaire, ces feux d’artifice du génie artistique qui peuplent nos musées et nos bibliothèques ? Non, certainement pas. Aucune burka sur Marianne ni sur les chefs d’œuvre de Phidias, Botticelli, Flaubert ou Courbet. Aucune complaisance face à l’intolérance des tartuffes qui prônent la polygamie mais lapident la femme adultère. Hier, c’était Mahomet qu’il ne fallait pas caricaturer. Aujourd’hui surgissent des diktats contraires à nos valeurs, notre histoire, nos traditions, notre morale. Dans notre France laïque, même avec ses profondes racines judéo-chrétiennes, la loi des dieux ne s’impose pas à celle des hommes au cœur de la sphère publique. C’est une des règles d’or les plus précieuses de notre pacte républicain. Le totalitarisme islamiste n’a pas sa place au pays des Lumières Le choc des civilisations annoncé par Samuel Huntington est-il en marche ? A nous de l’éviter, en aucun cas en nous soumettant, mais, au contraire, en ouvrant les yeux, en nommant les choses, et en affirmant haut et fort notre attachement à nos valeurs et principes républicains et démocratiques de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité, de respect de la dignité de la femme. Le totalitarisme islamiste, ce fascisme des temps présents, n’a pas sa place au pays des Lumières. Ne trahissons pas notre âme !

Y a-t-il des anges à pleurer et d’autres à oublier ?
Voici quelques jours, à Crépol, petite cité paisible de la Drôme, un jeune homme a perdu la vie. Tristement, gratuitement, cruellement, injustement. Ni maladie, ni accident de la route cependant. Sans histoire, sans casier judiciaire, Thomas n’avait que 16 ans, la vie devant lui et tout pour être heureux. Jusqu’à ce qu’une horde de voyous, attilas des temps modernes armés jusqu’aux dents, ne surgisse dans la salle des fêtes communale en pleine soirée dansante pour y semer le chaos et des graines de haine sanglante. Une scène de sauvagerie primitive au bilan glaçant : 17 blessés dont trois graves. Et un martyr. Malgré la douleur et la colère, la famille et les amis de Thomas sont restés dignes. Ils n’ont pas brûlé de voitures, pas incendié de bibliothèques, d’écoles, de mairies, pas pillé de magasins… Aucune émeute urbaine, ni jacquerie dans nos campagnes. Pourtant l’émotion était profonde, partout en France. Car on ne naît pas pour mourir au crépuscule de l’adolescence. Aucune émeute urbaine, ni jacquerie dans nos campagnes Personne n’a demandé la démission du Ministre de l’Intérieur. Le gouvernement est resté de marbre. L’ayatollah Mélenchon et ses harpies, d’habitude si prompts à cracher leur venin médiatique, à dénoncer les violences d’Etat, les bavures policières et le racisme « systémique », se sont murés dans un silence éloquent. Thomas ne méritait pas leur compassion. Pourquoi donc ? Y a-t-il des anges à pleurer et d’autres à oublier ? L’enquête progresse. Les témoignages sont nombreux et sidérants. Le raid criminel du gang des écorcheurs avait un objectif : « planter du blanc ». Et l’intention ne pouvait qu’être préméditée ; on ne transporte pas l’arsenal de lames, dagues et coutelas d’une brigade de garçon-boucher pour prendre le thé. S’il s’agit d’une agression raciste, il faut le dire, punir et avertir. Veut-on une guerre civile et ethnique ? Gare ! Sinon le peule se lèvera et fera justice lui-même On n’évitera jamais les récifs en fermant les yeux. Au contraire, on s’y fracasse. Oui, l’ensauvagement a pris ses quartiers dans notre pays. Oui, le communautarisme gangrène notre société et l’a fracturée. Oui, le racisme tue. Ou plutôt les racismes, même ceux longtemps niés, notamment anti-blanc. Alors tolérance zéro contre tous les voyous et que cesse le laxisme de la justice. Sinon le peuple se lèvera et se fera justice. Puisse-t-il ne pas être trop tard !
Quand la vidéo devient une arme de terrorisation massive.
Il est des images qui parlent plus que mille discours, qui lacèrent les âmes et écorchent les cœurs, des écrans glaçants aux sous-titres inutiles. Des vidéos diaboliques dont on prierait pour qu’elles soient des fictions nées d’esprits torturés. Ainsi, mardi 21 novembre a été diffusé au Sénat, le film de l’attaque du Hamas contre Israël du 7 octobre. Au bilan effrayant (environ 1400 morts, donc près de 1000 civils), s’ajoute ce documentaire inédit dans sa brutalité, cette pellicule infernale. Un montage constitué en grande partie d’extraits filmés par les terroristes eux-mêmes. On pensait qu’avec les camps d’extermination nazis, les chambres à gaz et les fours crématoires, le XXe siècle avait atteint une canopée de l’horreur. Hélas, non. Le 7 octobre, à l’aube, à l’heure où le soleil n’offre que sa clarté de nouvelles cimes enténébrées sont apparues. Au palmarès de la barbarie, sur le podium de l’inhumanité, le Hamas a franchi une frontière démoniaque. En immortalisant ces massacres de civils innocents avec une caméra GoPro comme un ado capture ses prouesses à ski, en scénarisant ses tortures, pour mieux les diffuser, en étalant tant de violence, de souffrance et de folie aux yeux du monde entier. Des mises à mort démultipliées par la magie des ondes pour mieux terroriser. Un calvaire à deux lames, entre le tranchant métallique de la dague qui égorge et le couperet médiatique du gros plan qui pétrifie d’effroi. Un supplice à deux lames, métallique et médiatique Alors que les nazis avaient tenté de dissimuler leur génocide, peut-être finalement conscients de leur propre monstruosité, les diables sanguinaires du Hamas font de la bande numérique une arme de terrorisation massive. Et la caméra fait désormais partie de la panoplie des terroristes, entre kalachnikovs, dagues et grenades. Certes, la barbarie est un fruit pourri décivilisateur venu de la nuit des temps, et le grand fleuve de l’histoire charrie ses poutres maudites d’holocaustes et de pogroms, de la Saint -Barthélémy à Auschwitz, de l’Arménie au Rwanda. Certes, jadis, en France, pendant la révolution, on guillotinait en place publique, par charrettes entières, et le bourreau montrait la tête tranchée des condamnés, spectacle ignoble. Mais il y aura un avant et un après le 7 octobre. Il faut avoir vu ces djihadistes célébrant leurs crimes à coup de selfies, piétinant leurs trophées sanguinolents, hurlant leur joie de tuer, ces foules, smartphones en main, lynchant des cadavres, cette armée de tueurs en série dont la cruauté n’a d’égale que la lâcheté, s’attaquant à des civils désarmés, ensommeillés ou paniqués, sans pitié pour les enfants, les femmes, les vieillards. Pourvu qu’ils soient juifs, ils devaient être sacrifiés. Je ne sais si Allah est grand comme ne cessent de le marteler ces Lucifer assoiffés de haine tout au long de leur périple d’apocalypse. Mais je sais jusqu’où l’Homme peut perdre l’âme. Je sais qu’aucune cause ne peut justifier une telle avalanche maléfique et machiavélique. Et je sais que ces hommes sont devenus des Satan, lilliputiens sans cœur.

Un ange de plus, un ange de trop
Il était une blondinette, joie fillette au regard souriant, pétillant, innocent. Elle s’appelait Lola, un prénom de son temps. Elle avait 12 ans, l’âge encore des jeux d’enfants. Scintillante comme une étoile malheureusement filante, elle gambadait sur le sentier de la vie. On lui aurait donné le bon dieu sans confession. Et même bien plus, un avenir heureux, tout simplement. Mais le diable rôdait, en quête d’une proie facile. Dans sa loterie ignoble, la pitié n’a pas place. La peine de mort est abolie ? Lui l’a rétabli, narquois, obscène. Petite princesse si pure, elle est partie martyre. La plus sombre folie n’excusera jamais la barbarie. L’homme n’est pas né pour mourir éphèbe. Encore moins sacrifié. C’est maintenant l’heure du deuil. Viendra celle des comptes. Rien ne ressuscitera Lola. Aucun discours, ni aucune loi. Aucune prière, aucun procès, aucune procession. Rien n’apaisera la douleur d’une mère, le chagrin d’un père. Et le vide est un gouffre de larmes où la noyade est proche Au milieu des anges, Lola a été accueillie. Tristement. Ce n’était pas sa place.
Une société idéale est-elle une société sans travail ?
Le travail ennoblit l’Homme, n’en déplaise aux apôtres du « droit à la paresse » … Il est des polémiques qui surgissent soudainement, révélatrices de climats brumeux ou de vents de zizanie que certains génies maléfiques aimeraient voir déferler. Tantôt la brise s’évanouit en un souffle, parfois elle forcit pour devenir tempête. C’est ainsi que l’homme fort du PCF, Fabien Roussel, a déclenché début septembre une crise d’hystérie pour avoir osé affirmer qu’il préférait la France du travail à celle du chômage, et le gain d’un salaire plutôt que l’octroi d’une allocation. Ses propos n’étaient pourtant que de bon sens. Mais certaines folles âmes, aveuglées par une idéologie malsaine, y ont vu une trahison de l’idéal marxiste. Certains, qui se revendiquaient jadis du « camp des travailleurs » et n‘en sont désormais plus, ont cloué au pilori le député communiste accusé de pactiser avec le diable capitaliste. Pire, dans une diatribe dont elle a le secret, l’inénarrable Sandrine Rousseau, forgeronne de la provocation et semeuse de malaria morale, a brandi fièrement l’étendard du « droit à la paresse », reprenant le délire de Paul Lafargue, gendre de Karl Marx et auteur en 1880 d’un essai portant ce titre. Dénonçant « le dogme du travail », cause de toute dégénérescence intellectuelle, Lafargue vante les temps primitifs et les civilisations antiques où « l’homme libre » ne travaille pas. L’esclavage, pilier de ces sociétés, ne le gênait donc guère… et sa vision du bonheur consistait à travailler trois heures par jour puis « fainéanter et bombancer » (sic) le reste du temps ! Une société idéale serait-elle une société sans travail ? Droit au repos et aux loisirs, oui ! Droit à la paresse… quel triste graal ! Une société idéale serait-elle une société sans travail ? L’analyse marxiste du travail qui aliène l’ouvrier, valable pendant des décennies au vu des infernales conditions de travail du prolétariat, a cependant vécu. Et heureusement ! L’ouvrier français de l’an 2023 n’a plus rien à voir avec la misère et l’exploitation peintes par Zola dans Germinal, Dieu merci. Lois sociales, diminution des horaires, progrès techniques n’ont cessé d’améliorer nos conditions d’existence et d’exercice professionnel. Certes tout ouvrage, qu’il soit intellectuel ou physique, comporte des contraintes. Horaires et discipline à respecter, efforts à fournir… mais c’est la grandeur et la dignité de l’Homme de savoir se forcer. C’est sa fierté de récolter le fruit de sa sueur. La devise de Mouy, petite bourgade de l’Oise, jadis ouvrière, le résume d’ailleurs parfaitement : « le travail ennoblit l’Homme ». Rappelons aussi, même si c’est une lapalissade, que le travail produit la richesse et que les progrès de l’humanité ne furent que le résultat d’un inlassable labeur ; « Travaillez, prenez de la peine… le travail est un trésor » écrit la Fontaine dans le Laboureur et ses enfants, fable un peu trop oubliée. C’est la grandeur et la dignité de l’Homme de savoir se forcer Comment encourager les jeunes générations à l’effort pourtant nécessaire car formateur quand on ne cesse de décrier le travail ? La vie familiale, les loisirs sont des piliers incontestables du bonheur individuel mais il est faux et même dangereux de nier l’utilité sociale du travail, sa capacité à favoriser l’épanouissement de l’homme en société. Non seulement car il enrichit la société mais aussi car il permet de renforcer sa cohésion. Les relations et amitiés nées de l’activité professionnelle ne sont-elles pas de précieux facteurs d’intégration sociale ? N’en déplaise aux paresseux et démagogues de tous poils, le travail est vertueux et fédérateur. Monsieur Roussel l’a bien compris. Madame Rousseau n’a rien compris.

Terres d'Hist'Oise, le retour !
L’Oise n’est pas un long fleuve tranquille Que ce soit pour un homme ou une nation, la vie est rarement un long fleuve tranquille. Malicieuse, elle aime à alterner fastes et malheurs, ombres et lumières, acropoles et bas-fonds, ciels d’orage et bleu azur. Souvent avec soudaineté. Tel le chemin de l’onde, si elle sait parfois flâner et butiner à cœur joie entre des rives sereines et verdoyantes, elle ose tantôt emprunter des méandres rocheux et tortueux, s’enlise de temps à autre dans des marécages fangeux, ou pire, peut s’échouer en cataracte révoltée ou torrent sans retour. Et, comme l’œil de la nuit, le chant vénéneux des sirènes et la foudre du destin, cruels prédateurs de bonheur, éternels chasseurs des temps épicuriens, rôdent à l’envie, la vie est rarement un long fleuve tranquille. L’Oise ne fait pas exception à cette éternelle loi des peuples. Sur sa grande fresque de jadis tissée au gré des millénaires se succèdent ainsi l’or et la cendre, les tragédies et les fééries, les héros et les escrocs, les maudits et les bénis. Bienvenue à bord du Trans Hist’Oise express, pour une randonnée au long cours sur notre petite mappemonde départementale. Au fil des siècles, nous débarquerons à Gerberoy, Senlis, Auneuil, Verberie, Bury, Montjavoult, Verderonne, Boran sur Oise, Crépy en Valois, Baron, Saint Leu d’Esserent, Creil, Plessis-de-Roye, Clermont… Vous y croiserez des personnages qui ne vous laisseront pas indifférents. Par leur destinée ou leur talent, admirables ou exécrables, braves ou sans vergogne…Tels la sémillante Anne de Kiev ou le fourbe Charles le Mauvais, les Justes de Montjavoult ou le vénal Joseph d’Andlau. Vous y explorerez des lieux ou des évènements aujourd’hui embrumés ou évanouis et pourtant marquants ; la furie de la Grande Jacquerie, le petit paradis de la plage de Boran, le martyr d’Albéric Magnard… Vous y découvrirez que l’Oise fut une terre de Résistance mais aussi un champ fertile pour la palette des peintres. Parce que la mémoire est le plus beau des flambeaux, celui au feu qui forge et réchauffe. Parce que le souvenir est la plus haute des vigies, celle aux yeux perçants. Parce que la vie d’hier, les exploits comme les souffrances de nos aînés, des hordes de Vercingétorix aux batailles de poilus, sertissent les constellations les plus scintillantes, il est grand temps de rallumer les étoiles ; Apollinaire l’a si bien écrit. Pas seulement pour qu’elles éveillent nos rêves. Aussi et surtout pour qu’elles nous guident, précieux astres éclaireurs et philosophes.
Charles de Gaulle, le dernier des géants
Alors que nous venons de célébrer l’appel du 18 Juin, il n’est pas inutile de rappeler qui fut Charles de Gaulle, lui dont l’ombre et la statue dominent notre pays depuis maintenant près de 80 ans. D’ailleurs, lorsque l’on interroge les Français pour savoir qui fut le meilleur Président de la République, leur réponse est toujours la même : Charles de Gaulle. Lui qui incarna la France libre et la Résistance lors du dernier conflit mondial avant d’être le fondateur de la Vème République et le père de notre France contemporaine. Aujourd’hui, il a rejoint dans le Panthéon des héros nationaux celles et ceux qu’il admira tant dans son enfance : Vercingétorix, Jeanne d’Arc, Louis XIV, Napoléon Bonaparte. Mais, même si les historiens ont analysé minutieusement toutes les facettes de son action comme chef de la Résistance puis comme Président de la République, on ne mesure peut-être pas encore à quel point Charles de Gaulle a influencé et modernisé notre pays et notre société. L’homme qui a rendu l’honneur et la grandeur à la France Comme tout héros, c’est d’abord dans le combat qu’il s’est révélé. Après avoir connu les tranchées de 14/18 et y avoir été blessé, il devient à partir de juin 1940 un symbole de l’espoir. Quand tout semblait perdu, alors que le pays était envahi, que l’exode et la capitulation constituaient une des pages les moins glorieuses de notre histoire, il s’est dressé seul. Et comme Jeanne d’Arc et Clémenceau avant lui dans des heures aussi sombres, il est parvenu, par son refus de la défaite et sa détermination à laver l’honneur de la France, à ranimer l’espérance et à métamorphoser en allié victorieux un pays un temps soumis et collaborateur. Mais s’il a su faire la guerre, il a su aussi réussir la paix. A l’intérieur du pays, en 1944 et 1945, alors que le chaos régnait. Puis en Algérie, malgré la douleur du déchirement. Enfin, et peut-être surtout, il a osé la réconciliation avec l’Allemagne de Konrad Adenauer. Surmontant des siècles d’histoire sanglante entre nos deux peuples, il a transformé les ennemis de toujours en amis sincères, en partenaires économiques privilégiés. Dès lors, l’Europe est devenue possible. Créateur du couple franco-allemand, soutien actif des premiers pas de la C.E.E., après le traité de Rome en 1957, de Gaulle est un des pères de l’Europe. Visionnaire, il rêvait d’une Europe large et généreuse, de l’Atlantique à l’Oural. Clairvoyant et pragmatique, il la voulait respectueuse des identités de chacun, loin de ceux qui pensaient pouvoir « intégrer les nations comme des marrons dans une purée », oubliant ainsi la profondeur des racines nationales. L’horizon de de Gaulle ne s’arrêtait pas seulement à cette Europe dont il permettait l’éclosion. En pleine guerre froide, son autorité fascinante et sa détermination à doter la France d’une force de dissuasion lui permettaient de faire entendre et respecter la voix de la France par les géants russe et américain. Mieux, de l’Amérique latine à l’Asie en passant par le continent africain, rarement la parole française fut autant admirée et écoutée. Charles de Gaulle avait une certaine idée de la République, de la France et de l’Europe Charles de Gaulle était avant tout habité par la passion de la France. Et cette France, il l’a profondément redressée. C’est ainsi qu’il a fait de notre République une véritable démocratie. En donnant le droit de vote aux femmes ; en faisant élire le Président de la République au suffrage universel ; en offrant régulièrement au peuple par la voie du référendum le choix de son avenir ; en dotant notre pays d’institutions efficaces et équilibrées. Mais l’œuvre de de Gaulle ne se limite pas à la politique et à ses aspects constitutionnels. Les années gaulliennes furent aussi celles de la prospérité économique, de la modernisation de l’appareil de production sans oublier un souci réaliste de justice sociale, avec, par exemple, la naissance de la sécurité sociale dans la France à peine libérée. Chef de guerre, artisan de la paix et de la construction européenne, écrivain aussi dont plume savait être à la fois lyrique et concise, président d’une république réformée, responsabilisée et prospère, Charles de Gaulle est assurément l’un des grands hommes les plus complets de notre histoire, l’un de ceux qui ont le plus fait pour la grandeur et le rayonnement international de la France. Guidé par son patriotisme, son sens de l’honneur de l’intérêt général, de la fidélité, de l’indépendance et son refus de la fatalité, il est un exemple devenu quasiment sacré pour les Français, justifiant ainsi la fameuse phrase de Malraux « Tout le monde a été, est ou sera gaulliste ».
Le crépuscule du Tsar ?
La géopolitique est-elle une science ? Le débat n’est pas tranché. Mais une lecture précise et précieuse de l’histoire offre souvent des éclairages lumineux et instructifs pour mieux comprendre certaines problématiques actuelles et peut-être cerner, anticiper et éviter les récifs à venir. Tantôt tempétueux, tantôt calme, le long fleuve du temps empreinte ainsi souvent le même cours, hésitant entre une onde sereine, des méandres inattendus et parfois des chutes tonitruantes. A des siècles de distance, les mêmes défis peuvent conduire aux mêmes échecs. Mieux vaut donc tirer des leçons de l’Histoire plutôt que de la réécrire, la manipuler, ou pire, la falsifier. Vladimir Poutine risque de l’apprendre à ses dépens. Il en va ainsi de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Invasion, car, contrairement à ce que martèle la propagande de Moscou, ce ne sont pas des manœuvres de défense préventives contre une OTAN aux dents longues, mais bien d’une guerre de conquête dont il s’agit. Une agression brutalement classique, une attaque massive avec son déluge de feu de l’artillerie et de l’aviation, ses bombardements aveugles et meurtriers, ses massacres de civils… Avec un agresseur, la Russie de Vladimir Poutine. Et une agressée, l’Ukraine, dont les richesses agricoles et minières, l’emplacement stratégique vers la Mer noire et les tentations démocratiques et européennes, suscitaient la gourmandise intéressée du voisin russe et surtout de son autocrate sans foi ni loi au credo tristement célèbre : « la raison du plus fort est toujours la meilleure » …. Même si certains services de renseignements occidentaux annonçaient l’assaut imminent, nous ne voulions pas y croire, naïfs amoureux de la paix et rêveurs crédules d’un Kremlin pacifiste et conciliant. Mais la réalité est là. Cruelle et cynique. Nous rappelant les heures les plus sombres du XXème siècle, ces décades hérissées de volcans de haine et submergées d’océans de sang. Avec ces images de villes pulvérisées, de charniers d’où l’on exhume des martyrs les mains liées dans le dos, de longues files de réfugiés fuyant les combats… Tout nous rappelle 39-45, ces temps maudits où l’Homme a perdu l’âme. Un peuple fort de sa fierté, de sa soif de liberté et de son amour de la patrie peut résister à tout Ces temps maudits où, heureusement, les diables assaillants furent finalement vaincus. Et définitivement enchaînés au pilori de l’opprobre. Vladimir Poutine se voulait l’homme fort de l’Eurasie. Il en est peut-être l’homme fou. Et d’abord celui qui perdu la mémoire, qui n’a retenu aucune leçon de l’Histoire. Oubliant que personne n’aime les missionnaires armés. Qu’un peuple fort de sa fierté, de sa soif de liberté et de son amour de la patrie peut résister à tout ou presque. Les invincibles armadas ne sont jamais invincibles. Souvenons-nous des Etats-Unis au Vietnam, de l’Union Soviétique en Afghanistan. Ou même encore de l’inarrêtable Wehrmacht en Russie. Rien n’avait pu stopper les panzers et leur blitzkrieg. Jusqu’à l’hiver 42 et le serment de l’armée rouge de mourir plutôt que reculer. A Stalingrad, au cœur d’une ville en ruines, face à des hommes enfouis dans des caves et des tranchées, le minotaure nazi fut mis à terre. Il ne cessa dès lors plus de reculer jusqu’à la défaite finale, dans les décombres de Berlin. Même si la couleur remplace le noir et blanc, les clichés des combats dans les faubourgs de Kharkiv et Kiev en 2022 ressemblent étrangement à ceux de Stalingrad. Poutine rêvait d’une promenade militaire d’à peine 3 jours ou 3 semaines, presque une parade bienfaitrice de ses troupes dans cette Ukraine qu’il disait vouloir libérer des brigands « nazis » qui la gouvernaient. Le nouveau Tsar pensait que les Etats-Unis, l’OTAN et l’Europe le laisseraient faire, paralysés par un esprit munichois ou par leur dépendance à ses hydrocarbures. Effrayés par l’odieuse menace nucléaire. Il n’en est rien. L’Occident, posément mais concrètement et fermement, aide l’Ukraine. Et la Suède comme la Finlande rejoindront bientôt l’OTAN, malgré les canines de Poutine. L’ancien porte-glaive du KGB croyait son armée surpuissante. Elle n’a démontré que failles et faiblesses. Et il lui faut tendre la sébile auprès de mercenaires tchétchènes, syriens ou du groupe Wagner, suprême humiliation au pays des orgueilleux cosaques. Enfin, ultime échec de Poutine, sa défaite cinglante dans la bataille de la communication, victime d’une propagande arriérée et totalement impuissante, face à un Zelenski que certains prenaient pour un bouffon agité mais qui se révèle un maestro subtil dans l’art de la guerre des mots et des images. Certes, l’embrigadement et les mensonges imposent leur chape de plomb sur le peuple russe. Mais les babouchkas acceptent-elles de voir leurs petit-fils périr pour la prise d’une usine à Marioupol ? Rien n’est moins sûr. On peut railler l’impact supposé du fameux « soft power », cette force invisible du sourire ; c’est bien un groupe ukrainien qui a triomphé au concours de l‘Eurovision tandis que les artistes et athlètes russes sont désormais bannis de toutes compétitions internationales. Vers la Défaite et le déshonneur pour Poutine, l’Icare gladiateur Alors que le sanguinaire Staline avait réussi à se faire surnommer « le Petit Père des Peuples », Poutine apparait aujourd’hui, au moins aux yeux des nations libres, comme un boucher psychopathe. L’Hannibal Lecter moscovite du Silence des agneaux. Lui qui fascinait l’Occident derrière son masque de puissance lui donne désormais des hauts le cœur. Avec un courage et un héroïsme que peu imaginaient, à coups de lance-missiles ultra légers et de drones artisanaux, les troupes et le peuple ukrainiens font face, détruisant consciencieusement chars et hélicoptères ennemis. En 1918, les tanks, quasi invulnérables, avaient joué un rôle clé dans la victoire. La guérilla moderne en fait des cibles faciles et la Russie se révèle à nouveau le colosse aux pieds d’argile qu’elle fut si souvent au cours des siècles. Poutine, Icare gladiateur, voulait la guerre, la conquête et la gloire. Il aura la défaite et le déshonneur. Et l’Ukraine libre vivra.
La ruralité annexée par l'Absurdistan ?
Quand la justice et l’administration ignorent la loi, le bon sens, les territoires et l’Histoire « Nul n’est censé ignorer la loi » dit l’adage. Cependant, avec plus de 300 000 articles législatifs et réglementaires en vigueur dans notre beau pays, même le plus pointilleux et respectueux des citoyens ne pourra prétendre à l’omniscience en droit. Et personne ne pourra lui jeter la pierre. Par contre, la chose est plus gênante lorsque juges et hauts fonctionnaires ne tiennent aucun compte des textes votés par les représentants du peuple. L’actualité récente vient d’ailleurs d’en offrir un triste exemple avec cet agriculteur de Saint Aubin en Bray, Vincent Verschuere, condamné à payer 102 000 € de dommages et intérêts pour « troubles anormaux de voisinage ». Son délit ? Tout simplement faire son travail d’éleveur. Installée depuis plusieurs générations au cœur du village, la ferme Verschuere n’a rien d’extraordinaire, avec une activité rurale traditionnelle et même millénaire : elle fait du lait. Ce qui peut effectivement générer bruit et odeurs. C’est cela la campagne, un espace vivant où la nature s’exprime par le chant du coq, quelques bêlements ou meuglements, sans oublier des effluves de lisier, bouse ou crottin. Il en est ainsi depuis toujours, inévitable rançon de la générosité de la terre nourricière et d’une faune domestique sans lesquelles notre civilisation aurait été tout autre. Car c’est une fois devenu éleveur et agriculteur que l’homme a pu se sédentariser et donner naissance aux premiers habitats bâtis et groupés. En Absurdistan français, tout est possible, même des décisions d’injustice Oui mais voilà, quelques voisins indisposés par les sons ou fragrances venus de l’étable, pourtant bien naturels et banals, ont porté plainte. Comme avant eux d’autres tristes sires pour qui une mélopée de cloches, un concert de grenouilles ou un coq ténor constituaient d’insupportables agressions, saccageant la quiétude obligatoirement garantie par la ruralité de carte postale qu’ils avaient décrétée. Cachez ces fermes que je ne saurais voir ! Faites taire ces bêtes qui troublent mon égoïsme sacré ! Et que l’odeur de bouse disparaisse à jamais ! Aussi, pour tenter d’éviter ces procès fomentés par de précieuses ridicules, le législateur a œuvré, via une loi de « protection du patrimoine sensoriel des campagnes » votée à l’unanimité de l’Assemblée Nationale puis du Sénat voici plus d’un an. L’idée simple et pleine de bon sens consistait à lister sur chaque territoire le « patrimoine sensoriel et olfactif » existant pour le rendre dès lors inattaquable en justice. A charge pour l’administration d’effectuer ce « recensement ». Hélas, cela n’a pas été fait. D’où cette décision de justice ou plutôt d’injustice, d’autant plus incompréhensible que l’exploitant avait sollicité et obtenu auprès des services préfectoraux toutes les autorisations nécessaires. Il pourrait d’ailleurs très bien se retourner contre l’Etat ! En Absurdistan français, tout est possible, même le pire. Protégeons nos agriculteurs ; il en va de notre souveraineté alimentaire et de la survie de nos campagnes Que veulent donc ces néo-ruraux qui polluent les campagnes de leur mépris et de leur ignorance ? Ni ortie, ni chardon ? Des pelouses et non des pâtures ? des animaux empaillés, peints et surtout muets ? Des averses de n°5 de Chanel pulvérisé par drône ? Alors que la géopolitique nous démontre dramatiquement la nécessité de la souveraineté alimentaire et que la profession agricole dont nous avons tous besoin ne cesse d’être attaquée, il est temps de remettre l’église au milieu du village. Que la justice soit juste, que l’administration administre, que les bobos restent au quartier latin et que nos agriculteurs puissent enfin travailler sereinement. « Chacun son métier, les vaches seront bien gardées ! » NB : Vincent Verschuere peut se pourvoir en cassation. Qu’il ne perde pas espoir, même le bon sens peut l’emporter.
